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Groupe phare des années 70, le McCartney's Band aura été la plus brillante reconversion d'un ex-Beatles en solo, alignant les hits mondiaux et les concerts gigantesques. Lucy In The Web fait la lumière sur ce combo pourtant mal connu et sous-estimé malgré une carrière des plus enviables. |
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Interview de Paul McCartney - 1982
Cette entrevue a été réalisée par le magazine MUSIC EXPRESS en 1982. Paul évoque brièvement la fin des Wings, ainsi que sur sa manière de travailler et ses relations avec le reste du groupe. Il parle aussi bien sûr de son ami John récemment décédé.
MUSIC EXPRESS : Une des choses que Denny ait dite est qu'il réprimandait pour vous les autres musiciens.
Paul McCartney : Mais Denny a sa propre théorie de ce qui est arrivé. D'aussi près que je sois concerné, il n'y a jamais eu ce genre de boulot, et s'il y en avait, ce n'était certainement pas Denny qui allait le faire auprès d'eux. Peut-être y-a-t-il eu un cas où il a dû le faire. Je ne sais pas. Ces histoires prennent tellement de proportion, vous savez, il suffit parfois juste d'une seule ligne. Il n'y avait pas de sale boulot. Denny Seiwell est parti de sa propre volonté. Je suis sûr que je pourrais faire de même pour les autres. C'est un peu ennuyeux vraiment et fatiguant. Avec la dernière équipe des Wings, nous nous sommes séparés d'une façon amicale. Tout le monde été un peu déçu et j'étais un triste parce que c'était un peu un fardeau. C'est comme un mariage que vous devez entretenir. Cela devient vraiment une chose très réelle.
MUSIC EXPRESS : Vous êtes le seul qui soit retourné dans un groupe après les Beatles. John, George et Ringo ont fait leur travail avec d'autres musiciens. Maintenant vous le faites pour la première fois, regrettez-vous de ne pas avoir fait cela plus tôt ?
Paul McCartney : Oui. Cela aurait probablement été une bonne chose pour commencer. A l'époque, j'ai estimé que c'était un peu trop prévisible, que chacun quitterait les Beatles et irait avec le vieux Phil Spector ou le batteur, Jim Keltner. C'était comme une clique et je n'ai pas voulu rejoindre cette clique. La décision que j'ai prise était principalement de faire un groupe uni pour jouer parce que, avec les Beatles, nous ne jouions pas beaucoup. J'ai pensé faire ça après avoir vu Johnny Cash à la TV, j'ai voulu un groupe semblable avec deux ou trois guitares et une batterie, juste pour chanter avec. C'est ce que j'ai fait.
MUSIC EXPRESS : La dernière fois où nous avons parlé, j'ai abordé le sujet sur votre instinct de producteur et vos attitudes dictatoriales, le dictateur étant votre côté perfectionniste, l'oreille musicale. Se pourrait-il qu'avec les Wings vous n'ayez pas été personnellement satisfait de la musique qui était produite ?
Paul McCartney : (…) Ouais, probablement quelque chose du genre.
MUSIC EXPRESS : En dehors de la musique, êtes vous dictatorial ?
Paul McCartney : Je ne sais pas. Je ne m'étudie pas dans ce sens. Je suis juste moi. Je me réveille simplement le matin et vais me coucher la nuit, et quoi qu'il arrive pendant la journée, ça ne fait qu'arriver. Je ne sais pas vraiment comment je suis. En fait, j'ai toujours des réveils brutaux. John a dit que je l'avais blessé, et je lui faisais ça, toujours un réveil brutal. C'était juste du à la voie dans laquelle j'étais, et la famille dont j'étais issu. C'était une scène très différente par rapport au réveil de John. Certainement, j'ai du le secouer, dans un mauvais sens, plusieurs fois, sans même le savoir et il était probablement plus sensible que moi. Mais écoutez, il m'a fait tout cela aussi. Je ne prends pas le blâme pour quoi que ce soit. Nous nous sommes cassé la figure, parce que ça c'est cassé la figure. Je ne pense pas être un dictateur. En fait, je suis juste l'opposé, vraiment. Si quelqu'un disait, " Oh, vous le dictateur sanglant " je répondrai " D'accord, vous le faites alors. " Je ne veux pas cette responsabilité.
MUSIC EXPRESS : Vous n'êtes pas un dictateur aux yeux du public, mais " Paul, le gentil garçon ", tout le temps. Même John vous appelait " l'honnête petit Paulie ". Que ressentez-vous vis-à-vis de cela ?
Paul McCartney : Je ne me suis jamais rendu compte que je reflétais cette image. Comme un gosse, je regardais la télé pour voir comment ils l'avaient faite et j'observais des films pour voir comment le monde se comportait. Vous emmagasiniez toutes ces choses. S'ils fumaient dans les films, donc vous fumiez. Vous voyez juste ce qu'était les choses dans le coup. Pour moi, cette relation avec le public, je pensais automatiquement que nous en avions besoin avec les Beatles, rencontrer les journalistes... Alors, j'en faisais beaucoup parce que personne ne voulait le faire. C'est la vérité. John n'aurait jamais fait cela, George, ce n'était pas son truc, et Ringo l'aurait fait, s'il vous aimait, mais moi je le faisais même si je ne vous aimais pas. Tous ces gens que nous avons vus, je les introduisais en disant "Avancez-vous !" Je savais qu'ils étaient nerveux. Je n'aime pas avoir des gens nerveux autour de moi. Les gens nerveux ont horreur d'être nerveux mais ils ne peuvent rien faire. Donc j'essaye avant tout de détendre l'atmosphère en disant " Prenons une tasse de thé, d'accord ? Avancez et asseyez-vous maintenant. " Beaucoup de gens de Liverpool sont très bons pour cela. Peut-être ce n'est pas toujours sincère, mais ma Tante Jenna m'appelait toujours " poli ". Elle disait " Tu es vraiment poli ", Mais dans un sens, elle aimait cela. Au cours des années et particulièrement lorsque John s'est monté contre moi comme ça, je me suis rendu compte que c'était inutile. Il a dit par la suite dans des interviews que j'avais beaucoup parlé avec Yoko depuis, et elle m'a dit que toutes ces méchancetés venaient de John. La plupart était de lui … il voulait me mettre plus bas que terre. Il disait " Tout le monde suit le mouvement McCartney. " Vous savez, vous devenez jaloux en quelque sorte.
MUSIC EXPRESS : Mais il riait quand il le faisait, comme lorsqu'il disait " la seule chose que tu aies faite, c'est Yesterday ".
Paul McCartney : (…) C'était John. C'est un point bien particulier, et c'est pourquoi je l'aimais. Mais je pense qu'il a probablement communiqué une mauvaise image de moi. Comme je dis, la vérité est qu'il n'a pas vraiment pensé à tous mes traits de caractère, n'en jugeant qu'un seul. Il savait qu'il y avait d'autres éléments. Mais je pense que c'est vrai. Je m'empoigne parfois et pense, " Dieu est-ce que je ressemble à cela ? ", ou " Est-ce que les gens me perçoivent comme cela ? " Et ce qui est drôle c'est que je ne fais que lutter, essayant de réussir comme des tas d'autres gens que je connais. J'essaye juste de gagner ma vie. Fondamentalement, je n'ai jamais eu de philosophie différente de celle-ci. Vous vous levez le matin et faites votre spectacle.
MUSIC EXPRESS : Après la séparation des Beatles, personne n'a dit mot. Après, vous avez mis une série de questions/réponses au dos de votre album McCartney. Pourquoi ?
Paul McCartney : Maintenant, vous voyiez, c'est une chose qui a vraiment été mal interprétée. J'avais eu une conversation avec Peter Brown de Apple et je lui avait demandé quelles actions nous allions mener pour la presse vis-à-vis de cet album. J'ai dit " Je n'ai vraiment pas envie de faire ça, pour te dire la vérité ". Mais il m'a dit qu'on avait besoin d'avoir de la matière. Il m'avait dit " Je vais te donner quelques questions et tu rédigeras uniquement tes réponses. Nous le diffuserons ensuite comme un communiqué de presse. " Bien évidemment, quand ça a été fait, on avait l'impression que j'avais monté ceci. J'en voulais à John. Il n'y avait aucune autre issue parce que la question était " Que pensez-vous de la musique de John et Yoko ? " et j'ai répondu " Bien, ça ne me donne pas beaucoup de plaisir ". C'était politique de la manière dont je l'ai dit. J'ai essayé de dire quelque chose sans vraiment dire "Je les déteste !" essayé de dire " Bien, ils ne sont pas très cool. Comme vous pouvez le voir, je suis plus cool pour ça ". J'essayais juste de détester John ... un peu. Tout ceci a été inclus dans les albums que nous avons donné à la presse. En regardant en arrière maintenant, et en ayant les pieds sur terre, j'étais dans une autre époque, rencontrant de nouveaux changements, je peux voir maintenant comment ceci a compté pour des gens ordinaires qui n'avaient pas à faire face à mes problèmes. Comme je le dis, je sentais juste que j'avais le tour de main pour faire des choses folles comme celle-là. C'est malheureux dans mon caractère. Vous savez, le caractère se forme d'avantage lorsque votre image est en jeu. Maintenant pour moi, c'est un jeu très étrange que celui de rencontrer la presse, de traiter avec les médias. Vous savez, je ne suis pas journaliste, mais en étant resté dans un groupe aussi longtemps, vous apprenez à traiter ces choses là. Vous devenez une personne médiatique de l'autre côté des médias. Auparavant, j'avais l'habitude de passer beaucoup de temps pour faire des interviews. Alors, on devient ce genre de personnage. Le reste du groupe détestait vraiment ça.
MUSIC EXPRESS : John avait tout le temps pour le faire.
Paul McCartney : Ouais, heureusement pour lui, aussi. C'est ce qu'il voulait faire. Super. Mais de toutes façons, ce que j'essaye de dire c'est que je trouve toujours que j'explique d'une façon merdique. Je veux dire, que j'explique en Javanais : les gens m'ont dit : " Mais pourquoi l'avez-vous pris dedans - et autant assis sur la valise ? " Ne pensez-vous pas que je ne me le demande pas ? Je le fais. Mais je déteste vraiment être jugé par les médias. Alors vraiment, j'aimerais être beaucoup plus libre, mais j'ai appris ce jeu maintenant, et mes réactions sont presque instinctives, comme un robot. Une des choses que je n'avais jamais réalisées à propos des gens, c'est que ce n'est pas sympathique d'être un gagnant. Les gens aiment les perdants, ils aiment sentir qu'il y a un truc qui va pas chez vous. Maintenant, avec quelqu'un comme moi, je dissimule ce qui ne va pas. Je ne suis pas du genre à admettre que tout est faux.
MUSIC EXPRESS : Votre image a-t-elle aussi affecté vos compositions, votre ego?
Paul McCartney : Non, je ne crois pas trop. Je pense qu'écrire des chansons, c'est juste écrire ce que je suis. Ca sort tout seul. Je pense que tout dans votre vie affecte ce que vous écrivez. Vous êtes juste un véhicule et tout cela passe à travers vous. Alors vous savez, si votre véhicule est dans un certain état, vous écrirez un certain genre de chansons. Ca m'affecte en réalité, mais je ne pense pas que ça m'affecte puissamment. Mais ça doit le faire. Il y a certaines personnes qui continuent de dire : " Je n'avais jamais pensé que tu étais comme ça ". Je vais vous dire qui souffre aussi de ça, Linda. Elle est totalement l'opposé de son image. Je ne sais pas ce que les gens pensent d'elle. Vous rencontrez des tas de gens. Dites-moi, vous !
MUSIC EXPRESS : Les gens ont tendance à dire : " Est-ce qu'elle est vraiment aussi snob? " C'est comme ça qu'elle est souvent projetée.
Paul McCartney : Vous savez, si c'est dans votre caractère de le truquer, alors vous devez le truquer. Il n'y a pas d'autre voie. Vous ne pouvez pas changer les taches - quoique votre expression en dise. Mais quand vous rencontrez quelqu'un qui n'est pas devant son micro ou à une interview, quand vous le rencontrez durant ses heures de réserve, c'est là que vous vous rendez vraiment compte comment il est vraiment.
MUSIC EXPRESS : Vous avez joué avec George récemment, non ?
Paul McCartney : Pas vraiment non. J'ai juste chanté quelques trucs sur "All those years ago"
MUSIC EXPRESS : Regrettez-vous que votre vie soit devenue aussi publique ?
Paul McCartney : J'ai réalisé il a une bonne quinzaine d'années. Je me souviens que je pensais quand j'allais en vacances quelque part, " Mon Dieu, il faut que je trouve un endroit ou on ne vend pas de disques. Un endroit ou je pourrai aller partout sans qu'on me reconnaisse ". Mais maintenant je pense : " J'ai atteint le point de non-retour. Je ne peux plus revenir en arrière ". Même si je décidais de ne plus chanter, je deviendrai comme Greta Garbor ou Brigitte Bardot. Elles sont toutes les deux retraitées mais vous ne le saurez jamais. John m'a dit ça 1 an avant qu'il meure. Il a dit : " Fais attention à ce que tu souhaites, ça pourrait se réaliser ". C'est de cette façon que je vois les choses. J'ai souhaité tout ça et je l'ai eu. Le regretter, ça voudrait dire rester assis là avec des pensées négatives. Je sais que ça me coulerai. Même si j'avais des sentiments de regrets, ma personnalité ne les libèrerai pas vraiment. " Regarde le passé, tu ne le regrettes pas. Regardes de l'autre coté ". C'est tout à fait moi. Ne pas couler. Je fais toujours ça instinctivement, et je n'autorise pas que trop de pensées négatives remontent à la surface. Je pense que n'importe qui devenant célèbre le regrette un peu quand même, parce que vous ne réalisez pas que vous en êtes vraiment là. J'ai vu quelqu'un à la télé qui disait : " Je n'ai pas vendu mon âme au diable ! " et j'ai pensé que c'était super. Elle a dit : " Si vous me donnez la gloire, mon Dieu, je vous donnerai ma vie privée ". Vous ne le faites pas. Ca devient comme ça quand vous allez dans la rue et que les gens crient : " Eh c'est celui de la télé ! " et vous pouvez répondre " Salut " ou remonter votre col et refuser de discuter avec eux. Alors pour en revenir à votre question, je ne regrette pas, non.
MUSIC EXPRESS : Mais le fait que moi je puisse aller au café à l'autre bout de la rue et vous non, ça doit sûrement vous faire regretter....
Paul McCartney : Ouais, je déteste ça. Je déteste vraiment. Je le faisais tout le temps avant. J'avais l'habitude de prendre le bus. Je me souviens quand on a commencé à être célèbre [avec les Beatles], j'ai dit : " Les bus vont me manquer ", et George Harrison a pensé que j'étais fou. George aime vraiment les voitures, et son père était juste chauffeur de bus. Il n'a pas vraiment compris ce que je ressentais du fait de prendre le bus. Il n'aimait simplement pas le bus. Il avait une Ferrari, alors, pourquoi aurait-il eu besoin d'un bus (rires) ?
MUSIC EXPRESS : Maintenant vous êtes célèbres et vous devez vivre avec.
Paul McCartney : Exactement. C'est que ce que veux dire. Et je suis heureux comme ça. L'avoir demandé et avoir travaillé comme ça ,vous ne pouvez pas vous retourner quand ils vous donnent le grand prix et dire : " Non je ne veux pas de ça, je veux juste un brioche, merci " ou " Je prendrai une tasse de thé à la place du champagne ". Vous devez vivre avec, vous amuser. Si je meurs dans les deux prochaines années vous verrez vraiment ce que c'est que d'être sous un trop grande pression. D'une façon ou d'une autre, je me débrouille. Je prend le train et jamais ça ne me tracasse. J'entre dans le compartiment, et les gens me reconnaissent. Parfois ils ne me reconnaissent pas.
MUSIC EXPRESS : Ils ne disent pas : " Regardez ! Un clone de Paul Mc Cartney ! "
Paul McCartney : J'ai eu un truc de ce genre un fois à New-York, quelqu'un est venu et m'a dit : " Hé vous ne seriez pas le type qui joue le rôle de Paul dans Beatlemania " ? " J'ai répondu : " Oui, c'est ça, c'est moi ".
MUSIC EXPRESS : Et qu'avez vous à dire à propos du livre qu'a écrit votre demi-frère, " Thank U very much " ? Il en est presque à s'appeler lui-même " Mc Cartney ". Il y a quelques années vous avez eu une querelle avec votre belle mère parce-qu'elle est retournée dans le show-buisness sous le nom de Mc Cartney. Je peux comprendre que vous n'ayez pas été très heureux de ces choses.
Paul McCartney : Ouais. C'est dommage, tout ces trucs. Le pire chose à ce propos c'est que ça gâche complètement les relations personnelles. Quand je rencontre ces gens, j'ai commencé à penser : " Bien, il faut que je regarde ce que je vais dire maintenant, parce que ça pourrait être dans le prochain livre ". C'est très dur pour le frère de quelqu'un comme moi de vivre sans faire quelque-chose de ce genre. Si quelqu'un lui demande d'écrire un livre, pourquoi ne le ferait-il pas - surtout si c'est un bon écrivain ? C'est difficile pour lui de refuser une offre pareille. Vous savez, je dis toujours que ce genre de choses c'est les risques du métier. Un médecin va a une fête, quand un type arrive et lui dit : " Vous pouvez regarder ma jambe ? ", c'est embêtant. C'est le risque du métier de médecin. Le mien c'est tout les trucs dont nous sommes en train de parler. C'est ce qui arrive avec ce genre de job.
MUSIC EXPRESS : Pensez-vous que vous faites mener une vie épouvantable à tout ceux qui vous entoure, qui travaillent pour vous ?
Paul McCartney : Je ne sais pas. Vous n'avez qu'a leur demander. J'espère que non. Si c'est le cas, je ne saurais pas trop quoi faire. Je veux dire, je suppose qu'ils me le diraient si il y avait quelque chose. Il ne me semble pas que je soit difficile. Autant que je sois concerné, je peux dire : " Non. Je suis terrifiant. " En disant ça comme une plaisanterie, vous voyez. Comme le truc d'Elvis Costello en Amérique, où il a dit tellement de mal de Ray Charles. Je travaillais avec Mickael Jackson et Elvis Costello était dans le même immeuble. Mickael a dit : " C'est un gros problème, ils ne lui pardonneront jamais ".Ils (les Américains) en ont dit plein de mal. Donc j'ai compris qu'Elvis utilisait ce typique humour anglais - si vous dites à quelqu'un " Est-ce que tu m'aimes ? " et que l'autre répond : " Toi ? Mais comment je pourrais t'aimer ? " ce que signifie en fait " Mais bien sur que je t'aime ! ". C'est du double bluff. Quand quelqu'un dans un bar a demandé : " Vous les anglais vous aimez Ray Charles ? " il (Elvis) a répondu : " Non, c'est juste un idiot de nègre ". Mais ce qu'il voulait réellement dire, c'est " Oui, j'adore Ray Charles, comment pouvez-vous seulement me poser cette question ? ". Donc, il a mal été interprété apparemment. Mais c'est ce qui se passe dans les médias, et je pense que ça reprend ce que nous disions tout à l'heure. Elvis costello est considéré comme un raciste maintenant, ce qui n'est pas vrai. Mon image est fausse elle aussi. De toutes façons, je ne pense pas que je sois dur à vivre. Mes enfants ne le pensent pas non plus, personne ne le pense. Vous le pensez ? Non, je pense que je ne sais pas, je ne peux pas dire.
MUSIC EXPRESS : Revenons-en aux Wings maintenant. Vous séparez-vous de Linda... musicalement ?
Paul McCartney : (Rires). J'aime ça. Non, en fait, elle a fait les harmonies sur cet album. Le truc c'est que c'était assez limité musicalement, alors j'ai dit à Linda : " Regarde, si je voulais prendre d'autres gens pour les harmonies, comment tu le prendrais ? " Elle est dit qu'elle était d'accord. Ce qui c'est passé, c'est qu'on l'a fait nous-même, avec Eric Stewart.
MUSIC EXPRESS : Quel est le plus facile - vivre avec Linda la musicienne ou Linda la ménagère ?
Paul McCartney : Avec Linda la musicienne, c'est facile. C'est facile parce qu'elle fait tout ce que vous voulez et qu'elle n'est pas tellement créatrice. Sur cet album George Martin et moi avons écrit les harmonies pour elle. Linda la ménagère ? Eh bien, là, c'est des émotions. C'est la vraie vie. C'est ne pas aussi facile que la musique. J'adore. J'adore. Je ne voudrais rien y changer. Mais c'est un dur boulot.
MUSIC EXPRESS : Tout comme les autres gens mariés ?
Paul McCartney : Ouais. Et vous n'avez même pas besoin d'être mariés. Vous n'avez qu'à vivre à deux dans une maison. C'est pour ça que c'est difficile. Etre tout le temps en contact avec l'autre. Ecoutez, la vérité, c'est que nous avons nos hauts et nos bas comme tout le monde. Parfois c'est tellement terrifiant que vous refusez d'y croire. Parfois, on rame. Ca semble être l'histoire de tout les homo sapiens.
MUSIC EXPRESS : Est-ce que Linda était celle qui " est entrée par la fenêtre de la salle de bain " ? [allusion à la chanson de Paul " She cames in trougth the bathroom window "] John a dit qu'elle l'était.
Paul McCartney : Non, elle ne l'était pas. Eh bien, John - qu'est-ce qu'il en sait (rires) ? C'est de la plaisanterie. Il n'en sait pas plus que moi ou n'importe qui d'autre en sait. Il est en or, John. Il était génial, un type fabuleux, une merveilleuse personne mais il n'avait pas le monopole du sens. Il était aussi idiot que n'importe quel mec. Il pouvait faire des erreurs aussi. Je ne sais pas. Elle l'a peut-être été. Je l'ai écrit à ce moment là à peu près, mais je n'ai pas consciemment pensé : " Elle est entrée par la fenêtre de la salle de bain ". Bien souvent quand j'écris des chansons comme ça, c'est juste parce que les mots sonnent bien. Vous pouvez obtenir des trucs qui ont un super sens mais c'est pas bon à chanter. ça ne coule pas bien, les mots ne vont pas.
MUSIC EXPRESS : Qu'avez-vous à dire en ce qui concerne vos concerts ? Avez-vous le projet d'en faire un ? Vous avez dit après que John soit tué : " Pour des raisons de sécurité nous avons décidé que nous ne devrions pas jouer en live ".
Paul McCartney : Ouais. C'était vrai après la mort de John. C'était ma réponse à l'époque. Je pense évidemment à toutes ces demandes, si je vais retourner en concert, et vraiment, je penserai toujours ce que je j'ai toujours pensé, si l'idée me prend, je le ferai avant de changer d'avis. Je ne pense pas que je ne le ferais plus jamais. Parfois, ça me manque vraiment de ne plus jouer en live. En ce moment non parce-que j'ai tellement de travail à faire sur l'album. Je joue, mais seulement en studio. Ensuite, après cet album je vais essayer de faire un film. N'est-ce pas ce que fait tout le monde ? Non, le mien sera différent, meilleur. J'essaye d'obtenir un film basé sur cet album, ce qui prend un peu plus d'attention et de temps. Je suppose qu'après je ferais un concert. J'irai et je le ferai. Vous ne pouvez pas tout le temps penser à votre sécurité.
MUSIC EXPRESS : Vous n'êtes plus terrifié maintenant ?
Paul McCartney : Non. J'étais terrifié juste après la mort de John, parce que c'était une véritable horreur qu'une telle chose arrive. Je parlais à Yoko à ce propos - j'ai eu quelques conversations avec elle récemment et elle m'a dit que les gens ne m'aimaient pas à cause de certaines choses que j'ai dites. Par exemple, quand John a été tué on m'a demandé de dire quelque chose. J'ai dit : " C'est un drame ". J'étais abasourdi. Je ne pouvais pas réfléchir à quoi dire d'autre. J'aurais pu dire tout les mots que je ressentais et les mettre dans une phrase, mais je pouvais pas. C'était juste " blob,blob,blob ".Tout ce que j'ai dit c'était : " Ah ! C'est un drame ". (Pauses). Et ça, si on le tourne dans le genre froids, ça sonne très mal " La réaction de Paul a été " C'est un drame, merci beaucoup " et il est rentré dans sa voiture et à filé ". C'est terrible tout ce truc. Je déteste ça parce que je ne veux jamais le dire comme on le trouve après dans les journaux.
MUSIC EXPRESS : Laissez-moi vous demander ce que tout le monde voudrait savoir. Qu'avez vous ressenti quand vous après la nouvelle à propos du meurtre de John? (A ce moment précis, la cassette s'est auto-stoppée)
Paul McCartney : Vous voyez, votre cassette n'a même pas la question (rires). Ecoutez, John serait le premier type à en rire. Qu'est-ce que j'ai ressenti ? Je ne peux pas me souvenir. Je ne peux pas l'exprimer. Je ne peux pas le croire. C'était dingue. C'était de la colère. C'était de la crainte. C'était de la folie. C'était la fin du monde. Et c'était : " Est-ce que ça va m'arriver à moi ensuite ? ". J'ai tout ressenti. Je ne peux pas tout mettre dans des mots. Un choc. Et j'ai fini par dire " C'est un drame ".
MUSIC EXPRESS : Etiez-vous actuellement toujours proche de lui ?
Paul McCartney : Oui, oui. Je suppose que l'histoire à démarré quand on a commencé à écrire des trucs ensembles, nous sommes devenus très très proches. Nous avons ressenti beaucoup de sympathie l'un pour l'autre, bien que sur un niveau personnel je n'étais pas évidemment pas si près de lui que ça. De toutes façons, je mes suis senti très proche de lui tout le temps mais quand les Beatles ont commencé à sentir beaucoup de tension les deux dernières années, les relations personnelles en ont souffert et ça a fait que nous avons un peu dérivé à part. Je pense que ce qui nous avait réunis ensemble était toujours là. Je pense que nous tous, dans un sens, on a commencé à être fâchés l'un envers l'autre, ennuyés, frustrés, mais qu'on s'aimait toujours, on avait travaillé ensemble pendant si longtemps. Comme dit Ringo, " Nous étions comme des frères ". C'est ce genre de sentiment. Je veux dire, je n'aurais jamais pensé que Ringo vienne me dire un jour : " Vous êtes comme mes frères, vous trois ". Mais nous savions qu'il y avait un profond respect pour chacun d'entre nous.
Traduction : Laetitia Maireville
Krystel & Coyote - Novembre 2001 © LucyInTheWeb
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