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La séparation des Beatles marquait la fin des Sixties et élevait le groupe au rang de mythe.
Beaucoup d'encre a coulé à son sujet, pour vous Lucy tente d'en expliquer les véritables raisons. |
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1969 : Perte de la propriété de leurs chansons
PAUL : Ce qui s'est passé, c'est qu'au départ, à Liverpool, John et moi ignorions tout de l'édition musicale. On croyait vraiment que les chansons étaient dans l'air et qu'elles appartenaient à tout le monde. C'est dans cet état d'esprit qu'on a rencontré notre premier éditeur, Dick James. Il nous a dit : "Entrez. Asseyez-vous. Vous pensez cela ? Signez ici." Et voilà le marché qu'il a conclu. Je suis encore virtuellement tenu par cet accord aujourd'hui. On était ligotés du départ.
En mars 69, alors que j'étais parti en voyage de noces et que John faisait son bed-in, Dick James a vendu les chansons. Pendant notre absence ! Quand on est rentrés, on lui a dit : "Dick, tu ne peux pas faire ça !"Il a répondu "On Parie ?" Il avait raison. C'est comme ça que ça se passe. Les chansons ont été vendues, comme une marchandise. Lew Grade, qui contrôlait ATV, les a rachetées. C'est ainsi que John et moi avons perdu la propriété artistique d'un très grand nombre de nos chansons. George en a perdu quelques-unes aussi.

Les Beatles étaient avant tout des
auteurs-compositeurs de chansons. Vis-à-vis du monde
du Show Business tel qu'il fonctionnait déjà à cette
époque, c'était cela leur force et leur "atout"
commercial majeur.
En gros, on peut dire que ce catalogue de plus de 200
titres était leur "trésor de guerre", leur Oeuvre
ainsi que ce qu'ils avaient de plus cher.
Toutes les chansons signées Lennon/McCartney (avec
quelques unes des premières de Harrison) appartiennent
à une société appelée Northern Songs Ltd (baptisée
Maclen Music Inc. aux USA), qui, au début de 1969,
était détennue à 49% par
Lennon/McCartney/Harrison/Starr et à 51%
par la société de Brian Epstein NEMS Enterprises Ltd.
Sur le papier, les Beatles n'en avaient pas le
contrôle, puisqu'ils ne détenaient pas la majorité
absolue des parts, mais dans les faits et la pratique
ce n'était pas grave, puisque cette majorité était aux
mains d'une entité théoriquement "amie" : le clan
Epstein.
Mais après la mort de Brian Epstein, ses héritiers,
c'est-à-dire toute sa famille (frères/mère/père),
s'éloignèrent irrémédiablement de l'univers immédiat
des Beatles, avec lesquels de toute façon ils
n'avaient jamais eu de réels rapports humains...
Ce qui fait qu'en 1969, ces braves gens, sans en dire
grand chose aux Beatles/Apple/Allen Klein, décidèrent
unilattéralement de revendre d'un coup leur 51% de
Northern Songs Ltd (donc la majorité absolue et son
contrôle pur et simple) à l'empire ATV (pour
simplifier, gigantesque maison d'édition musicale
gérée par un certain Sir Lew Grade, grand manitou du
Show-Business international de l'époque).

C'est ainsi que les Beatles se retrouvèrent
minoritaires (en actions donc en contrôle) au sein
même de leur "propre" maison d'édition de chansons!!
Ils n'eurent d'autre choix que de revendre leurs
pauvres 49%, qui ne leur servaient plus à grand-chose,
à ce géant d'ATV.
C'est cette société éditrice ATV que Michael Jackson
racheta en 1985 pour 47 Millions de Dollars et
quelques.

Quoi qu'il en soit, ce déboire pesa de tout son poids
dans l'ambiance maussade et plutôt électrique qui
régnait autour des Beatles en 1969. Le fait qu'ils
aient été "dépossédés" et trahis par des gens
supposés proches les rendit encore plus nerveux, et
encore plus amers les uns avec les autres. Ce fut un
élément de plus à ajouter à la lassitude interne
depuis l'enregistrement du Double Album Blanc et à la
scission du groupe quant à la nomination de Allen
Klein comme Manager Général de leur affaires...
 
MeeK - Coyote & Krystel
Mai 2002
© LucyInTheWeb
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