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La séparation des Beatles marquait la fin des Sixties et élevait le groupe au rang de mythe.
Beaucoup d'encre a coulé à son sujet, pour vous Lucy tente d'en expliquer les véritables raisons. |
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1969 : Let It Be ou l'autopsie d'un groupe
Le tournage du film Let It Be est véritablement la
goutte d'eau qui fit déborder le vase. Initialement
intitulé "Get Back", ce projet initié une nouvelle
fois par Paul consistait à filmer le groupe en train
de répéter et enregistrer un nouvel album, avec un
grand show clôturant le tout. Les autres,
incroyablement peu motivés et lassés de devoir
retourner une nouvelle fois en studio, acceptèrent
néanmoins l'idée, sans grand enthousiasme.
C'est ainsi que les 4 (avec Yoko) se retrouvèrent
début janvier '69 aux studios cinématographiques de
Twickenham, caméras braquées sur eux en permanence,
pour pondre un album qui devait résolument sonner live
et naturel, c'est-à-dire libéré des grosses
productions précédentes. Le concept était ainsi de
fabriquer l'antithèse d'un Sgt Pepper, un retour aux
sources après les excès psychédéliques.
Les titres devaient donc être répétés puis enregistrés
en une seule prise sans Overclubs (surimpressions
techniques d'autres instruments après coup).
Cette fois-ci, l'ambiance lourde qu'ils avaient déjà
expérimentée durant l'Album Blanc fut accrue par le
froid "météorologique" qui régnait physiquement sur
l'immense plateau vide et lugubre de Twickenham;
l'heure matinale à laquelle commençaient les
répétitions n'aidait certainement pas, et le manque de
volonté manifeste de John, toujours plus accro aux
drogues dures et à Yoko, et de George qui commençait
véritablement à étouffer à l'intérieur du groupe,
complétait le tableau catastrophique.
C'est ainsi que, ne pouvant plus supporter
l'atmosphère et le dirigisme de Paul, Harrison claqua
à son tour la porte du studio le 10 janvier, comme
Ringo l'année précédente. Il ne réapparut que quelques
jours plus tard, accompagné de Billy Preston, dont la
présence devait réussir à apaiser les tensions au
moins temporairement.
PAUL : Ce qui s'est passé : quand on est arrivés là-bas, ça a montré la façon dont s'opère la séparation d'un groupe. On n'a pas compris qu'on était en train de se séparer.
JOHN : Quand on est arrivés à Let It Be, on ne pouvait plus jouer le jeu, on se perçait à jour les uns les autres et on se sentait mal à l'aise. Jusqu'alors, on avait réellement, intensément cru à ce qu'on faisait, aux albums que l'on sortait... tout devait être parfait. Subitement, on n'y croyait plus. Nous étions arrivés à un point où toute la magie avait disparu.
GEORGE : C'était devenu irrespirable. (...) Paul voulait que personne ne joue sur ses chansons avant qu'il ait décidé la façon dont ça devait se faire. Moi, je me disais "Qu'est-ce que je fais là ? C'est pénible !" Et par-dessus tout ça, il y avait Yoko, et les vibrations pénibles qu'elle apportait à l'époque.
Au final, le film Let It Be nous montre le groupe en
décomposition, chacun partant irrémédiablement de son
côté malgré la volonté (trop) marquée de Paul de
poursuivre l'aventure en commun.
MeeK - Coyote & Krystel
Mai 2002
© LucyInTheWeb
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