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La séparation des Beatles marquait la fin des Sixties et élevait le groupe au rang de mythe.
Beaucoup d'encre a coulé à son sujet, pour vous Lucy tente d'en expliquer les véritables raisons. |
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1967 : Mort de Brian Epstein
Le premier choc important dans la cohésion de groupe a
sans doute été la mort soudaine et accidentelle de
Brian Epstein, leur manager/organisateur/intendant.
Epstein avait incarné pour eux, et sans doute à leurs
corps défendant, la figure d'un père, quoi qu'on en
dise.
Les propos ultérieurs de Lennon en sont une belle
preuve ("Je savais qu'on était fichus à partir de là"
interview à Playboy, 1980). La disparition de leur
manager leur a oté comme un lien fondateur. Brian
était un garde-fou émotionnel, l'Intendant Suprème qui
assurait l'ordre et structurait non seulement leur vie
professionnelle, mais aussi leur vie intime
puisque la société de management de Brian, NEMS
Enterprises Ltd, régissait également les aspects
matériels et domestiques de l'existence des quatre
Beatles.
Sans ce "super intendant", le chaos devenait
inévitable, parce qu'une telle popularité et une telle
célébrité ne peuvent que générer du chaos sans facteur
structurant.
GEORGE : Après la mort de Brian, il y a eu un énorme vide, parce que c'était quand il était arrivé qu'on avait commencé à devenir professionnels et à progresser vers le monde du disque et le London Palladium. On ne savait rien de nos affaires privées et de nos finances. Il s'était occupé de tout, et après ça a été le chaos.
JOHN : On s'est effondrés. J'ai compris que là, on était dans la merde. Je ne me suis jamais fait d'illusions sur notre capacité à faire autre chose que de la musique, et j'avais la trouille. Je me suis dit : "Cette fois, ca y est."
Paul reprend les choses en main
C'est à cette époque que McCartney prend les rênes du
groupe, Lennon s'étant déjà replié depuis plusieurs
mois dans une sorte d'expérience hallucinogène
permanente : il a avoué lui-même plus tard avoir passé
la majeure partie de l'année '67 à "tripper" au LSD.
Le LSD, et des études l'ont démontré, a entre autres
effets celui d'atrophier l'Ego et de rendre le sujet
plutôt léthargique et plus ou moins hermétique au
monde extérieur. Les sujets qui prennent du LSD de
façon prolongée n'éprouvent plus le besoin de se faire
valoir aux yeux de l'extérieur, leur vie se retrouvant
toute entière concentrée sur leur état mental modifié
et introverti.
Paul, sans doute plus opportuniste et calculateur que
Lennon ne l'a jamais été, en a pour ainsi dire profité
pour laisser exploser son inventivité alors à son
paroxysme, et par la même occasion son instinct
dominateur.
MeeK - Coyote & Krystel
Mai 2002
© LucyInTheWeb
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