 |
|
 |

 |
 |
 |
La séparation des Beatles marquait la fin des Sixties et élevait le groupe au rang de mythe.
Beaucoup d'encre a coulé à son sujet, pour vous Lucy tente d'en expliquer les véritables raisons. |
 |
 |
 |
1966 : Arrêt des tournées
On peut dire que l'arrêt des tournées des Beatles en
Août 1966 (le 29 au Candlestick Park de San Fransisco)
a, en même temps, annoncé une fin et un début dans la
carrière des Beatles.
RINGO : A Candlestick Park, on s'est sérieusement dit que tout ça devait s'arrêter. On pensait que ce concert à San Francisco pourrait bien être le dernier, mais je n'en ai été vraiment certain qu'après notre retour à Londres.
John voulait laisser tomber plus que les autres. Il disait qu'il en avait assez.
JOHN : Je suis sûr qu'on pourrait envoyer quatre mannequins de cire à notre effigie que les foules seraient satisfaites. Les concerts des Beatles n'ont plus rien à voir avec la musique. Ce sont de foutus rites tribaux.
GEORGE : C'était trop, toutes ces émeutes et ces ouragans. La beatlemania avait prélevé sa dîme, la célébrité et le succès ne nous excitaient plus.
JOHN : On ne peut pas éternellement tenir les gens par la main. On a été Beatles du mieux qu'on pourra jamais l'être - ces quatre joyeux lurons. Mais on n'est plus ces gens-là. On est des vieux. (...) Il faut qu'on trouve quelque chose d'autre à faire. Paul dit que c'est comme quitter l'école et se trouver un boulot. Et c'est effectivement comme l'école, parce qu'on se repose sur un groupe et puis d'un seul coup on se retrouve livré à soi-même.

La fin brutale des tournées fut initialement vécue,
pour John et George au moins, comme une sérieuse
remise en question, parce que si l'on
se réfère aux Grands Principes Fondateurs du
Rock'n'Roll, un "groupe" qui ne joue plus sur scène
n'est plus vraiment un "groupe".
C'est sans doute ce qui explique les premières
réactions douce-amères, voire dépressives, d'un Lennon
("Qu'est-ce que je vais faire maintenant, Bon Dieu!
Qu'est-ce que je vais faire???") ou d'un Harrison
("Bon, eh bien maintenant je ne suis plus un Beatle,
voilà!")
JOHN : A partir du moment où j'ai joué dans "How I Won The War", en 1966, j'ai cherché un prétexte pour quitter les Beatles. Mais je n'ai pas eu le courage de le faire. Parce que je ne savais pas où aller. (...) Et c'est ainsi que l'idée a germé : je devais d'une manière ou d'une autre me sortir de là sans me faire jeter des autres. Mais je n'ai jamais pu quitter ma prison dorée parce que j'avais trop peur.
C'était compter sans l'énergie inépuisable d'un
McCartney, garçon "workaholic" s'il en est, et dont la
personnalité ne peut se résoudre à rester oisive.
C'est lui qui insuffla donc à partir de ce moment-là
au reste du groupe l'envie de se jeter à corps perdus
avec George Martin dans "l'Expérience Studio" à Abbey
Road.
Dès son retour de vacances en novembre 1966, tout ce
petit monde bien relaxé, bien "zen" et bien appaisé,
entama les fameuses sessions de "Strawberry Fields
Forever", "Penny Lane", puis enchaîna sur celles de
"Sgt Pepper".
C'est la perspective d'excitantes recherches inédites
en studio, conjuguée à l'arrivée récréative de
substances telles le LSD (en plus de la Marijuana),
qui mit rapidement bien que temporairement fin aux
errements dépressifs de Lennon, de Harrison et, dans
une moindre mesure, adoucit l'ennui tristounet
d'un Ringo Starr, qui ne sait jamais quoi faire
lorsqu'il est tout seul.
MeeK - Coyote & Krystel
Mai 2002
© LucyInTheWeb
|
 |
 |
 |