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La chanson de Lucy, par Mumu

DVD Plastic Ono Band
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Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
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Dans la fameuse biographie Many Years Form Now, de Barry Miles (1997) traduite par MeeK, Paul McCartney revient largement sur l'un des albums mythiques des Beatles, Revolver.
Lucy vous présente quelques morceaux choisis...

Tomorrow Never Knows


L'album se terminait par leur première grande chanson psychédélique, "Tomorrow Never Knows", indice de ce qui allait suivre.

PAUL: je me souviens de John arrivant chez Brian Epstein au 24 Chapel Street dans le quartier de Belgravia à Londres. On se retrouvait là après des vacances, c'était une réunion. George Martin était là aussi, alors c'était peut-être pour lui montrer de nouvelles chansons ou pour parler du nouvel album. John a sorti sa guitare de l'étui et a chanté cette chanson, et elle était construite sur un seul accord. C'était à cause de notre intérêt pour la musique indienne. On avait l'habitude de s'asseoir pour écouter des albums de musique indienne, et après la fin d'un disque on disait toujours "quelqu'un s'est-il rendu compte qu'ils n'ont pas changé d'accord une seule fois sur tout le disque?". C'était genre "merde! C'était tout en Mi! Waahh! La vache! C'est dingue!". Alors on a commencé à assimiler toutes ces idées, comme des éponges. C'est une des choses pour lesquelles j'ai toujours beaucoup remercié George Martin. C'était un homme légèrement plus âgé et on était assez dingue, mais il n'a pas sourcillé quand John lui a joué ce morceau, il a juste fait "hmm, oui je vois". Il aurait pu s'écrier "bordel! C'est nul!". Je crois que George était toujours intéressé par la direction que l'on avait choisi de suivre et pensait sûrement "comment vais-je m'y prendre pour faire un disque de tout ça?". A cette époque-là, il commençait déjà à comprendre qu'on savait un peu ce qu'on faisait, mais la matière première qu'on lui donnait était vraiment étrangère à son univers.


"Tomorrow Never Knows" fut enregistrée le 6 avril 1966 pendant la première séance pour l'album Revolver. En plus de la batterie rock de Ringo, il y avait dans l'accompagnement le bourdonnement d'un tamboura qui montait et descendait. John disait qu'il voulait que sa voix sonne comme celle du Dalaï Lama chantant du haut d'une montagne, un effet que George Martin élabora en faisant passer la voix de Lennon dans le haut-parleur tournant d'un orgue Hammond qu'on appelle un Leslie Speaker. Le Leslie tourne sur lui-même pour donner au son de l'orgue un effet tournoyant, et il donna à la voix de John l'air de surgir de l'au-delà. Un solo de guitare normal au milieu de tout cela aurait été plutôt inapproprié, le morceau avait vraiment besoin de quelque chose de spécial. C'est là que Paul intervint. Il prit conscience que ces expérimentations sur bandes magnétiques pouvaient être utilisées sur un titre du groupe et suggéra de faire ledit solo avec. Le soir même il se mit au travail, élaborant un important assortiment de courtes bandes, variant leur longueur. La séance du lendemain se déroula dans l'après-midi, de 14 heures 30 à 19 heures 15, Paul apporta ses bandes dans un sac en plastique.

PAUL: les gens ont tendance à voir John derrière les bandes à l'envers, les boucles et les petits effets bizarres, mais tout ça, c'était un truc à moi. La seule chose sur laquelle je les ai utilisées est "Tomorrow Never Knows". C'était bien que ça transparaisse dans le travail des Beatles.

Comme il avait l'habitude de fabriquer ses "petites symphonies", Paul savait parfaitement comment la chose sonnerait. Il voulait injecter le plus de bandes possible dans le morceau, les faisant apparaître et disparaître dans le mixage, les plaçant de part et d'autre de l'image stéréo. Cinq magnétophones différents furent utilisés simultanément pour faire tourner les boucles de Paul dans la régie du Studio 2 de Abbey Road. Les techniciens en blouse blanche n'en croyaient pas leurs yeux et se tenaient face à leur magnétophone respectif, des BTR 3, chacun avec sa petite bande magnétique trois quarts de pouce qui tournait en boucle, et qu'ils maintenaient tendue avec un crayon; la bande passait sur le cabestan, puis devant la tête de lecture, se répétant à l'infini; le son était envoyé vers les différents canaux de la table de mixage. Tout cela était dirigé par les Beatles, tandis que George Martin contrôlait le positionnement sonore dans la stéréo, le tout créant un montage de boucles, allant et venant, superposées et se répétant; une tapisserie de sons entrelacés, chacun d'entre eux étant déjà à lui seul un petit travail de montage.


PAUL: on a fait démarrer les boucles puis la bande de "Tomorrow Never Knows" et on a joué des boutons de niveau, et pour chacune des boucles, juste avant qu'on puisse se rendre compte qu'il s'agissait d'une boucle qui se répétait, je montais vite le son d'une autre boucle; et on dirigeait comme ça les autres gens qui étaient là, "toi tu montes celle-là à ce moment-là, toi à ce moment-ci"; on a fait le truc moitié en improvisant, moitié en l'orchestrant, et on a enregistré ça sur une piste du master, comme ça si jamais on obtenait un truc bien, ça devenait le solo. On l'a fait plusieurs fois, on a changé quelques bandes, jusqu'à ce qu'on obtienne un solo qui soit vraiment bon.
Je trouve que c'est un solo génial. Ca me fait toujours penser à des mouettes quand je l'entends. J'obtenais beaucoup de mouettes quand je faisais mes boucles; un cri accéléré, "ah! ah!", ça devient un petit cris aigu. Et j'ai toujours en tête des images de bord de mer, Torquay, la Torbay Inn, les chalutiers, les bateaux.


Dans son livre "Summer Of Love, The Making Of Sgt. Pepper", George Martin écrit "de tous les morceaux des Beatles, c'est celui qui ne pourrait pas être reproduit: il serait impossible de remixer aujourd'hui la bande exactement comme on l'a fait à l'époque; le 'happening' des bandes en boucle, quand elles apparaissent puis disparaissent très vite dans les fluctuations du niveau sonore sur la table de mixage, tout cela était improvisé".


George avait deux morceaux sur Rubber Soul ("Think For Yourself", "If I Needed Someone"), et trois sur Revolver: "Love You To", "I Want To Tell You" et "Taxman" qui au passage contenait un solo de guitare de Paul. Bien que moins prolifique que John et Paul, George devenait au sein du groupe un troisième auteur-compositeur significatif.

Brian Wilson essaya de rivaliser avec Revolver, mais contrairement à Lennon et McCartney, Wilson était, lui, plutôt refréné par un groupe conservateur qui ne désirait qu'une chose: s'en tenir à la bonne vieille formule musicale financièrement rentable. Mike Love lui ayant dit que Pet Sounds était "une merde", Brian Wilson s'éloigna progressivement des autres Beach Boys. La sortie de Sgt. Pepper acheva de détruire l'ambition qu'il avait eue de produire le plus grand album Rock de tous les temps. Il abandonna le projet sur lequel il travaillait alors, Smile, et passa les deux années qui suivirent dans son lit.


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Extrait de " Many Years From Now " (Barry Miles/Paul McCatney),
traduit et adapté de l'anglais par MeeK
Illustrations : Geeloo, Krystel & Coyote
Décembre 2002 © LucyInTheWeb


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