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Dans la fameuse biographie Many Years Form Now, de Barry Miles (1997) traduite par MeeK, Paul McCartney revient largement sur l'un des albums mythiques des Beatles, Revolver.
Lucy vous présente quelques morceaux choisis... |
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Introduction
La pseudo rivalité entre les Rolling Stones et les Beatles était totalement bidon et fut montée de toutes pièces par des journalistes en mal de copie. Il n'y avait aucune compétition entre les deux groupes, hormis peut-être en ce qui concernait le classement dans les Charts. Le seul et réel rival des Beatles fut Brian Wilson, le compositeur et arrangeur des Beach Boys. Comme Paul, Brian était bassiste. Contrairement à lui en revanche, il écrivait habituellement seul ou avec de successifs collaborateurs. Brian Wilson observait les Beatles d'un oeil plus qu'attentif, notant chacun de leurs développements et de leurs expérimentations, avant de s'efforcer de les égaler ou de les surpasser. Il avait réussi à se hisser plusieurs fois au sommet des Charts, y compris au beau milieu de l'invasion de l'Amérique par les groupes britanniques, mais le succès commercial n'était pas son plus grand souci, alors qu'il était celui des autres Beach Boys. Brian voulait avant tout égaler les Beatles sur le plan artistique. Dans un documentaire pour la télévision de Don Was en 1995, Brian décrivit comment le groupe se réunissait pour prier: "On priait pour que l'album puisse rivaliser avec Rubber Soul. C'était une prière mais il y avait aussi de l'égo là-dedans... Et ça a marché, Pet Sounds est arrivé immédiatement."
  Brian Wilson et les Beach Boys en 1966
Paul considérait Pet Sounds comme l'un des plus grands albums de musique populaire jamais réalisés et ne tarissait pas d'éloges à son propos, surtout sur la façon dont le disque prouvait qu'une basse n'avait pas à suivre nécessairement les notes fondamentales du morceau mais pouvait aussi s'évader de son côté pour créer une mélodie à part entière. Il conseillait l'écoute de l'album à tous les gens qu'il rencontrait. Dans toute l'Industrie du Disque, quiconque se souciait plus de la musique que de l'argent qu'elle générait fut abasourdi par ce qu'avait accompli Brian Wilson. Lorsque les ventes de l'album fléchirent en Grande Bretagne, Andrew Loog Oldham, le manager des Rolling Stones, prit l'initiative sans précédant d'acheter une pleine page publicitaire dans la presse musicale pour clamer que Pet Sounds était le plus grand album de tous les temps. Pour quelqu'un qui n'avait dans les Beach Boys ou leur maison de disque aucun intérêt financier, le geste était inédit et ressemblait à son auteur. Il eut l'effet escompté. Ce matin-là, tout le monde dans le métier, jusqu'au moindre sous-chef, envoya sa secrétaire acheter un exemplaire du fameux disque pour voir de quoi il en retournait. Malheureusement pour Brian, ses rivaux étaient déjà au travail, en train d'enregistrer Revolver, qui devait repousser si loin dans l'expérimentation les contours habituels de la musique populaire que celle-ci ne pouvait plus être reproduite en concert. Au moment de la sortie de Pets Sounds en juillet, l'étape suivante dans la révolution musicale était déjà à moitié enregistrée. La première séance pour Revolver eut lieu à Abbey Road le 6 avril 1966.
Pet Sounds, qui dit mieux ?
Extrait de " Many Years From Now " (Barry Miles/Paul McCatney),
traduit et adapté de l'anglais par MeeK
Illustrations : Geeloo, Krystel & Coyote
Décembre 2002 © LucyInTheWeb |
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