lucy in the web - la passion des Beatles
|
plan du site | contact

interactif

recherche

à l'honneur

La chanson de Lucy, par Mumu

DVD Plastic Ono Band
DVD Plastic Ono Band

Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française


Dans la fameuse biographie Many Years Form Now, de Barry Miles (1997) traduite par MeeK, Paul McCartney revient largement sur l'un des albums mythiques des Beatles, Revolver.
Lucy vous présente quelques morceaux choisis...

Eleanor Rigby


L'album contient "Eleanor Rigby", que Paul écrivit sur le piano droit de la salle de musique de Madame Asher dans la cave de Wimpole Street. Madame Asher avait trouvé quelqu'un à la Guildhall School of Music pour donner à Paul des leçons de piano ; c'était une chose à laquelle il avait souvent pensé, mais comme à l'époque de sa scolarité, il était peu enclin à faire les devoirs nécessaires et craignait d'une certaine manière que le fait d'apprendre la façon "correcte" de jouer inhibe sa capacité naturelle à composer.

PAUL: je l'ai écrite au piano, en jouant autour d'un accord de Mi mineur; en maintenant l'accord tout en lui collant une mélodie qui lui danse autour. Elle a presque des accents de musique indo-asiatique.

Paul joua la mélodie à son professeur de piano mais n'avait pas de titre.

Lorsqu'il trouve une bonne mélodie, Paul la mémorise en y collant les premiers mots qui lui passent par la tête. Il rendait souvent visite à Donovan, qui avec son ami Gypsy Dave habitait à deux pas de chez Paul dans Maida Vale, et Donovan se souvient d'avoir entendu le morceau alors inachevé: "un jour j'étais seul dans le séjour en train d'enregistrer de nouvelles mélodies sur mon magnétophone Uher quand la sonnerie de l'entrée retentit. C'était Paul, tout seul. On a un peu joué ensemble. Il m'a joué un air qui parlait d'un drôle de personnage appelé 'Ola Na Tungee', 'Ola Na Tungee/Blowing his mind in the dark/With a pipe full of clay/No-one can say'. C'était "Eleanor Rigby" mais les vraies paroles n'étaient pas encore là. Beaucoup d'auteurs-compositeurs utilisent n'importe quelle phrase pour dessiner le contour du texte."


De retour à Cavendish Avenue Paul continua à s'amuser avec les paroles.:
PAUL: je marmonnais des trucs dessus et j'ai trouvé la phrase "Picks up the rice in a church where a wedding has been (ramasse le riz dans l'église où un mariage a eu lieu)". Ces mots me sont tombés dessus comme dans une écriture automatique, mais ils donnaient un ton général. Après seulement vous vous demandez ce que ça peut bien vouloir dire. C'est plutôt étonnant. La plupart des gens laissent le riz sur place, à moins d'être la femme de ménage. Il y avait donc une possibilité pour qu'il s'agisse de la femme de ménage de l'église, ou alors quelque chose d'un peu plus poignant que ça. Elle pouvait être une célibataire solitaire de la paroisse qui n'aurait pas droit à un mariage, et c'est ce que j'ai choisi. Alors c'est devenu une chanson sur les gens seuls.
J'en savais pas mal sur les personnes âgées. J'ai été Boy Scout et j'allais souvent rendre visite aux gens de la maison de retraite. comme une bonne action. Je pensais que c'était bien de faire ça, je le pense encore, ce que je veux dire c'est que je ne trouvais pas déshonorant d'y aller pour demander si quelqu'un avait besoin que j'aille voir pour eux un docteur, ou d'aider des vieilles dames à traverser la rue. On m'avait appris que c'était une bonne action. Alors je m'asseyais avec pas mal de vieilles dames qui me parlaient de la guerre et tout ça, et comme je me considérais déjà comme un auteur, ça me donnait du matériau. Une partie de mon cerveau adorait compiler tout un répertoire de gens et de pensées. Evidemment tous les auteurs sont soucieux des détails: les vieux qui ouvrent des boîtes de nourriture pour chat et qui les mangent eux mêmes, l'odeur de la nourriture pour chat, le désordre chez eux, le souci du ménage, tous les problèmes d'une personne âgée.


On m'a dit qu'il existait une pierre tombale portant l'inscription "Eleanor Rigby" dans le cimetière de Woolton où John et moi avions l'habitude de traîner, mais il doit y avoir 3000 tombes avec "Eleanor Rigby" en Angleterre. Il est possible que je l'aie vue et que je m'en sois souvenu inconsciemment, mais en tout cas le souvenir conscient que j'ai est que je suis resté bloqué sur le nom, et j'aimais bien le prénom "Eleanor", sans doute à cause de Eleanor Bron que nous connaissions et avec laquelle nous avions travaillé à l'époque. Je l'avais vue à l'Establishment Club de Peter Cook dans Greek Street, et puis elle était venue sur le film Help! alors on la connaissait assez bien, John l'appréciait beaucoup. J'aimais le prénom "Eleanor". Je voulais un beau nom de famille. Je suis bon pour trouver des noms, depuis toujours, alors j'étais très à cheval sur le fait de trouver un bon nom; j'étais à Bristol pour rendre visite à Jane Asher à l'Old Vic, et en me promenant sur les docks j'ai vu une boutique qui s'appelait "Rigby". J'ai pensé "oh... C'est plutôt commun mais en même temps c'est spécial comme nom". Exactement ce que je cherchais. Alors ça a été "Eleanor Rigby". J'étais content. Je l'avais! J'ai rassemblé toutes les idées, la mélodie, les accords,et puis je l'ai amenée à John parce que je n'avais pas terminé les paroles. Lui et moi avons travaillé dessus.
J'y parlais d'un "Father McCartney/Père McCartney", un prêtre, juste parce que ça collait avec les syllabes, mais je savais que je ne pouvais pas garder ça même si ça plaisait à John, alors on a ouvert l'annuaire, on a regardé ce qui venait après les McCartney et c'était les McKensie. Je me suis dit "ça c'est bon". Ce n'est pas à propos de quelqu'un en particulier. Un type s'est pointé il y a quelques années en disant "le Père McKensie, c'est moi." Quiconque s'appelant Père McKensie et ayant eu ne serait-ce qu'un infime contact avec nous pouvait naturellement penser "ben, j'ai échangé quelques mots avec Paul donc il a dû écrire ça à propos de moi"; ou après avoir parlé à John supposer que John l'avait écrit en pensant à lui. John voulait que ça reste "Père McCartney", mais j'ai dit "non, c'est mon père, le Père McCartney!". Il m'a dit "mais c'est bon! Ca colle bien!". J'étais d'accord, ça collait bien mais je ne voulais pas chanter ça, c'était trop chargé, ça posait trop de questions. Je voulais que ça reste anonyme. John m'a aidé sur quelques mots mais je dirais que c'est à 80% de moi et à 20% de lui, quelque chose comme ça.



En février 1972, au paroxysme de son animosité envers Paul, John déclara au Hit Parader: "J'ai écrit une grande partie des paroles, à peu près 70%", et il le répéta plus tard à Playboy: "Le premier couplet est de lui et le reste de moi, en gros...". Pete Shotton, ami de John, était présent lors d'une visite de Paul lorsque le nom "McKensie" fut trouvé dans l'annuaire téléphonique, et bien que son livre de souvenirs "John Lennon In My Life" crédite souvent Lennon d'idées appartenant en fait aux trois autres Beatles, dans ce cas précis Shotton écrit "Bien que John devait dans l'une de ses dernières interviews revendiquer la paternité du texte, mon souvenir est que "Eleanor Rigby" était un classique "Lennon-McCartney" dans lequel la contribution de Lennon était quasi nulle". Il semble que John se soit retrouvé coincé à propos de son imprudente déclaration et n'ai pu trouver de sortie honorable, car l'on pourrait difficilement trouver dans le répertoire des Beatles une composition qui lui ressemble moins que celle-ci.

Paul enregistra la plupart des maquettes de "Eleanor Rigby" dans le studio expérimental qu'il avait monté à Marylebone. L'un de ceux qui entendit la chanson dans toutes ses versions successives fut l'écrivain William Burroughs, qui admirait la façon dont Paul pouvait raconter tant de choses en si peu de lignes. Paul la joua également à Marianne Faithfull et Mick Jagger après qu'ils eurent rejeté son "Etcetera". Paul: Marianne était beaucoup plus intéressée par "Eleanor Rigby" mais j'ai dû lui dire "non, celle-là je la garde pour moi".
Paul considérait "Eleanor Rigby" comme une nouvelle brèche en ce qui concernait son travail de compositeur; une évasion loin de la simple Pop guillerette, avec des paroles un peu plus réfléchies.


PAUL: je me souviens de m'être dit un jour "qu'est-ce que je ferai quand j'aurai trente ans?" Trente ans, c'était le grand âge. "Serai-je toujours dans un groupe?". Je me souviens que je traînais du côté de chez John Dunbar, m'imaginant de manière très claire en pantalon de velours côtelé avec des coudières en cuir et une pipe, me disant que "Eleanor Rigby" pouvait représenter une voie pour plus tard, que je pouvais devenir un compositeur plus sérieux, délaissant un peu la Pop. C'était le premier indice annonciateur de ce qui m'arrive aujourd'hui (1993), j'écris une pièce pour piano solo, je compose une oeuvre pour orchestre classique ou le Liverpool Oratorio. A l'époque, je suis resté dans la Pop. Mais je me souviens que je m'imaginais avec les coudières et que je me disais "oui, ce ne serait pas mal en fait, ce serait même plutôt bien, pour quand j'atteindrai l'âge canonique de trente ans".

"Eleanor Rigby" fut un single, et comme ses onze prédécesseurs se classa Numéro Un.


I'm Only Sleeping




Extrait de " Many Years From Now " (Barry Miles/Paul McCatney),
traduit et adapté de l'anglais par MeeK
Illustrations : Geeloo, Krystel & Coyote
Décembre 2002 © LucyInTheWeb


sondage

Le Beatles Day de Mons :
J'y vais tous les ans
Occasionnellement
Déja fait une fois
J'ai très envie
Pourquoi pas...
M'intéresse pas

résultat
anciens sondages

infos du site
Recevez toutes les nouveautés du site

les actus
Recevez les actualités par email

partenaires


Hit-Parade


publicité




© lucy in the web - 1998-2007
Déclaration CNIL n°1043671