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Entrez dans le monde des Beatles !
Cette rubrique a pour but de vous offrir une vision synthétique de ce que fut la vie des Beatles et de leur entourage, et de vous faire entrevoir dans quelle mesure leur oeuvre s'en est trouvée influencée.

Paul McCartney (1942) Imprimez cet article

Linda et la fin du groupe


Sur le plan affectif, il vit de plus en plus mal sa relation avec Jane, qui n’est toujours pas décidée à mettre un terme à sa carrière et l’épouser comme il le souhaiterait. Un jour, elle le prend en flagrant délit d’infidélité et met peu après un terme à leur relation. Paul se console vite dans les bras de Linda Eastman, brillante photographe de rock stars ayant notamment couvert la sortie de l’album « Sgt Pepper’s » un an plus tôt.

De retour en studio pour l’album blanc, Paul doit accepter la présence de Yoko Ono, nouvelle égérie de John. Celle-ci est en effet omniprésente et crée des tensions au sein du groupe. Trente titres seront néanmoins mis en boite, dont « Blackbird », « Mother Nature’s Son » ou encore « Helter SKelter » sur lequel Paul, transcendé, pose les bases du heavy metal. Charles Manson reprendra malheureusement à son compte ce titre qu’il estime l’inspirateur du meurtre de Sharon Tate, femme de Roman Polansky.

Malgré le succès du disque, Paul ressent une grande lassitude chez ses amis, chacun vaquant à ses occupations de son coté. Il essaye de relancer une fois de plus la machine avec l’idée d’une nouvelle tournée. Pour toute réponse, il n’obtient que le regard médusé de John, déjà totalement parti. Il revoit sa copie avec le projet « Get Back », un documentaire sur l’enregistrement d’un nouvel album des Beatles, qui doit s’achever par un grand et unique concert cette fois.

Au final, les Beatles enregistrent en janvier 69 des jam sessions, caméra braquée sur eux observant Paul en maître d’école tentant d’obtenir de la part de ses camarades un minimum de collaboration. Ce qui a pour effet direct de provoquer la fuite temporaire de George Harrison, excédé par ses directives. Malgré la présence de Yoko n’arrangeant rien, les Beatles effectuent le 30 janvier le fameux « Rooftop Concert » sur le toit d’Apple, durant lequel ils retrouvent visiblement le plaisir de jouer ensemble. Suite à quoi les bandes seront mises de coté pour ne revoir le jour que quelques mois plus tard …

En mars, Paul épouse Linda, sans la présence des autres Beatles. L’affaire Apple vient envenimer la situation car, devant la situation désastreuse de la société, ils se voient contraints de nommer un gestionnaire pour redresser la barre. Paul suggère le Cabinet Eastman tenu par son beau-père, avocat réputé de New York, mais les trois autres font bloc contre lui, préférant Allen Klein, dont Paul se méfie comme la peste.

Malgré leurs différends, les Beatles se retrouvent pour enregistrer « Abbey Road », leur chant du cygne sur lequel ils se surpassent en tous points. Paul travaille à cette occasion beaucoup avec George Martin, ils construisent tous deux le magnifique medley de la face B. Sur le morceau « The End » clôturant l’album, Paul concluant : « And in the end, the love you take is equal to the love you make », phrase que John qualifiera de cosmqiue !


En septembre 69, un disc-jockey d’une radio américaine annonce une nouvelle effarante : Paul est mort ! Et depuis 1966 ! Il explique ainsi que Paul serait décédé d’un accident de voiture en novembre 66 et que les Beatles auraient dissimulé sa mort en utilisant un sosie pour le remplacer au sein du groupe. L’histoire fait grand bruit, les fans décortiquent les pochettes des albums en quête d’indices (qu’ils ne tardent pas à trouver), à tel point que Paul doit intervenir publiquement pour démentir la rumeur.

Malgré son bonheur familial, il se voit contraint de remettre en question sa carrière, sachant le groupe mort et enterré. Il se retranche donc dans sa ferme en Ecosse et entame l’enregistrement de son premier album solo avec les moyens restreints à sa disposition. Il insiste pour publier son « McCartney » en avril pour une raison obscure qu’il est seul à connaître.

Le 10 avril 70, il annonce publiquement qu’il met un terme à sa collaboration avec les Beatles. Cette nouvelle déclenche la stupeur du public, des médias et des autres Beatles, John en tête, sidéré de voir qu’il a pris cette décision à son compte. Pour Paul, il s’agit en fait de faire table rase du passé pour mieux construire l’avenir. Il explique ses motivations dans une interview rédigée avec Peter Brown, ancien collaborateur des Beatles, glissée dans chaque exemplaire de l’album. Ceci est d’ailleurs très mal perçu, renforçant l’aspect commercial de l’affaire.

Contre toute attente, le film et l’album « Let It Be », nés des cendres de « Get Back, sortent tous deux en mai. Les bandes ayant été confiées à Phil Spector suscitent la colère de Paul. En effet, son titre « The Long And Winding Road » a été « massacré » avec l’ajout d’une section symphonique en contradiction totale avec l’esprit « live » de l’album.

Sur le plan juridique, la séparation des Beatles est loin d’être réglée et ne peut être possible que si Paul intente un procès à chacun de ses anciens compères pour éclater l’entité Beatles qui les lie encore avec Allen Klein, s’avérant être un véritable requin. C’est ainsi que John, George et Ringo reçoivent le 31 décembre une assignation en justice émanant de Paul. Ce qui lui vaudra un ressentiment durable …

Pour l’heure, Paul se consacre à sa famille, grâce à qui il retrouve son équilibre. L’idée de repartir en tournée le démange. Avant cela, un album, « RAM », pour lequel il recrute des musiciens, dont Denny Seiwell. Cet album, aux sonorités de l’Album Blanc des Beatles, est aujourd’hui considéré comme un chef d’œuvre. A juste titre.





Coyote & Krystel
© LucyInTheWeb - Décembre 2001


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