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  Sujet : CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012
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MessagePosté le: Jeu Avr 19, 2012 11:34 am    Sujet du message: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Si on vous disait CRUMB dans un grand musée français ?

Oui, oui, vous ne rêvez pas !


CRUMB, tout le monde connait.
De la mythique pochette de Janis Joplin à Fritz The Cat,
il a marqué le monde de la BD avec sa patte particulière sur deux générations.


Il vit même en France, dans un petit village du Gard depuis plus de 20 ans.
Autant dire qu'il y a de quoi en être fier. Cocorico !!!





Une rétrospective qui retrace sa carrière sur plus de 700 dessins,
ses carnets de croquis, les revues underground des années 60's
auxquelles il a apporté sa contribution...

Un véritable événement que cette expo à ne certainement pas louper.




Les dessins de Robert Crumb sont apparus pour la première fois en France en 1970, grâce aux couvertures du magazine Actuel, reprises des illustrations déjà publiées aux Etats-Unis.

Auteur prolifique, son oeuvre a profondément marqué le monde de la bande dessinée sur deux générations. Avec un trait souple et dense, reconnaissable entre tous, il remet en question les frontières de la bande dessinée.



Crumb explore différents domaines dans ses dessins : la famille, le sexe, la musique, les hippies, l'argent, etc…-, mais sa plus grande source d’inspiration est lui-même, il n’hésite pas à se mettre à nu en relatant ses obsessions, ses relations avec les femmes et sa conception de la vie.

Mais quelles que soient l’acuité et parfois la cruauté de son regard envers ces thèmes, il traite tous les sujets avec un humour très personnel.



C’est à l’âge de 7 ans que Robert Crumb commence à dessiner régulièrement. Il crée ses héros Fritz the Cat et Mr. Natural respectivement en 1959 et 1967.

En 1968, en pleine explosion hippie à San Francisco, il connaît son premier succès en réalisant entièrement le premier numéro de la revue Zap.
Passionné par la musique des années 1920 et 1930, il dessine de nombreux portraits de musiciens et des pochettes de disques.




A partir des années 1980, il dirige la revue Weirdo et illustre des écrits de Bukowski ou Sartre. Dans les années 1990, il réalise une biographie de Kafka en collaboration avec David Zane Mairowitz et les deux recueils de dessins Art & Beauty.
Il publie en 2009 une Genèse illustrée, après quatre ans de travail. Sorti en 2011, l’album Parle-moi d’Amour, résultat d’une collaboration avec sa femme Aline depuis 1972, s’apparente à un journal intime illustré.

L’exposition, chronologique est conçue autour des obsessions de Crumb : l’amour/la haine/la peur des femmes, la musique, son regard cru sur le monde moderne et son introspection.



Elle rassemble des oeuvres et des documents rares : plus de 700 dessins, des carnets de croquis consultables, plus de 200 revues Underground et le célèbre documentaire Crumb de Terry Zwigoff réalisé en 1994.

Robert Crumb, né en 1943 à Philadelphie, vit en France depuis 1991. La plupart de ses ouvrages sont édités en français par Cornélius et Denoël Graphic et en anglais chez Fantagraphics Books et W. W. Norton.




HORAIRES
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Catalogue de l’exposition bilingue (français-anglais), éditions Paris Musées
Textes de Jean-Luc Fromental, Sébastien Gokalp, Fabrice Hergott,
Todd Hignite, Jean-Pierre Mercier et Joann Sfar.
220 dessins inédits ou rares. 252 pages.


http://www.mam.paris.fr/en/expositions/crumb

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MessagePosté le: Jeu Avr 19, 2012 12:13 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

A signaler également un ouvrage qui vient de sortir et qui donne un coup de projecteur
sur une véritable passion qu'il voue depuis toujours, celle de la musique.

Grand collectionneur de vinyles (plus de 6.000 78 tours, tout de même),
musicien lui-même, il baigne dedans depuis tout petit.

Un joli mariage entre musique et image.




La passion de Robert Crumb pour la musique n'est plus un secret, mais ce que nous connaissions de lui n'était qu'une infime partie de sa production.
Justice lui sera faite grâce à The Complete Record Cover Collection, un ouvrage complet pour découvrir plus de 450 pochettes de disques dessinées par Robert Crumb ainsi que tous les dessins en lien avec ces pochettes.



Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, Robert Crumb a bien évidemment illustré les pochettes des albums des grands standards du blues, du jazz et de son propre groupe The Cheap Suit Serenaders, mais pas que !



Au hasard des pages et des dessins, vous aurez la joie de croiser une compilation de musique traditionnelle irlandaise, Cheap Thrills de Janis Joplin, The Grateful Dead, Deep Purple, Neil Young, The Who ou encore Bob Dylan. Une incroyable collection, aussi variée que pléthorique, d’un passionné de musique dont l’oeuvre se distingue autant par ses pochettes que par ses bandes dessinées.



L’éditeur néerlandais Oog & Blik, qui a travaillé pendant plusieurs années pour réunir les differents dessins de cette collection, décrit ainsi son travail: « En commençant cette collection, nous voulions dresser un panorama exhaustif de toutes, absolument toutes les pochettes de disques jamais dessinées par Robert Crumb.



Nous n’étions pas peu fiers d’y être parvenus, quand Robert Crumb a anéanti cette douce illusion en nous montrant d’autres éditions. Maintenant nous sommes heureux d’imaginer qu’il y a peut-être, quelque part, au fond d’un tiroir poussiéreux, une pochette de disque ou une esquisse qui n’attend qu’à être découverte.»




La kro : http://www.cornelius.fr/blog/index.php?post/2011/11/16/The-Complete-Record-Cover-Collection

Crumb en vinyles : http://web.comhem.se/~u87009324/crumbrecords.html

Le site officiel : http://rcrumb.com


Un extrait d'un doc de 1987 sur lui et cette passion charnelle pour la musique.



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MessagePosté le: Jeu Avr 19, 2012 1:21 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

J'aime bien ce que raconte sa femme :

Depuis 1991, Robert Crumb vit avec sa femme Aline dans le village de Sauve (Gard), près de Nîmes, où cohabitent "vrais" Cévenols, anciens hippies et artistes.
"Il dessine tout le temps, y compris sur les nappes de restaurant. Mais tous attendaient qu'il parte pour récupérer les dessins et les vendre… alors il a arrêté".


Laughing


Et un truc marrant que j'ignorais, c'est que Crumb, furieux de l’adaptation cinématographique de Fritz the Cat
qui avait été décidée dans son dos au début des années 70, a fini par faire assassiner son personnage
avec un pic à glace dans une BD, mettant ainsi un terme définitif à l’existence de Fritz, crée alors
qu’il était encore adolescent.



Un film d'animation qui a pourtant grandement contribué à sa notoriété dans le monde entier
mais auquel il n'adhérerait pas sur de nombreux points (les dialogues, la voix utilisée...)



In 1970, Crumb began a five-year, on-again off-again relationship with Kathy Goodell,
who lived in San Francisco. In the same year, Crumb’s wife gave permission for Ralph
Bakshi to use Fritz the Cat in a full-length feature film. Crumb, entirely dissatisfied with
the project, soon after killed Fritz the Cat, a character he had created in adolescence.


On retrouve ce dessin sur son site :


http://rcrumb.com/history/history5.htm

Crumb disliked the film so much, he attempted to have his name taken off the film's credits. The bad feelings poisoned any potential relationship between Crumb and Bakshi. Crumb disliked the voice used for Fritz, what was (he felt) condemnation for the left, and that the dialogue was not consistent with the character, but instead "red-neck and fascist".
In fact, Crumb was so incensed by the film, that he later drew a strip where Fritz was killed off.

Fritz did effectively die with that strip, and from what Crumb has said in interviews since, he will remain so. Art critics and historians still ponder the popularity of that strip, and in fact the popularity of Crumb, himself, who has outlasted most of his fellow comix creators. The original comix books and other paraphernalia bring big bucks, and collectors still avidly strive to find them. If people find Crumb weird and sick for creating it all, what does that say about the people who made him popular and keep his work alive?



http://cerebralboinkfest.blogspot.fr/2011/05/fritz-cat.html



Sur le site officiel, on trouve aussi son parcours à travers les revues ou comix underground
des années soixante qui l'ont élevé en symbole de la contreculture sur deux générations.




http://rcrumb.com/history/timeline.htm


En France, on a eu notre lot aussi ... avec Actuel notamment qui a pris le relais au début des années 70.



Encore un dessinateur underground de bande-dessinée à rentrer au Panthéon des Arts Plastiques. Crumb pour les vieux schnocks comme moi c'est "Actuel" qui nous l'a fait connaitre au tout début des 70's et traduit dans la langue de Molière svp !

Pour le grand public ce sera le film "Fritz The Cat" et l'avènement de la vidéo en france pour que le cartoonist sorte enfin un peu de l'ombre dans l'hexagone, manque de bol c'est la vision de Ralf Balski qui prévaut sur la pellicule. C'est en 1959 qu'il créé ce personnage de chat drogué et libidineux et ce film dont il n'est pas l'auteur et qu'il n'apprécie pas le pousseront à assassiner son héros à coup de pic à glace in zeu teutè.

Ses obsessions pour les femmes d'une esthétique toute particulière est légendaire: boutonneuses, avec de gros mollets et de grosses cuisses, poilues et proches de la caricature sociale à la manière de la chanson "Dinah Moe Hum" de Frank Zappa. (Ce mec kiffe les Nerds !). Il aura croqué les hippies et leurs travers tout au long des sixties mais aussi les marginaux de tous poils... une belle galerie satirique de freaks en tout genre avec souvent une pointe de cruauté sous-jacente. 1967, c'est l'apparition du fameux Mr Natural. 1968, il illustre la couverture du premier Numéro de Zap Magazine.

Sa passion pour la musique sur 78 tours/min le pousse à faire le portrait de bien des piliers de la musique ragtime et blues du Mississipi durant les '80's. A la même époque c'est l'arrivée de la revue "Weirdo" et ses travaux sur Sartre et Bukowski. Courant été 2009, sa version de "La Genèse" est publiée en épisodes sur Télérama.


Extrait de l'excellent site sur Zappa : http://zappainfrance.blogspot.fr/2012/03/retrospective-crumb-au-musee-darts.html



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MessagePosté le: Mer Mai 09, 2012 10:38 am    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Encore un joli mélange des genres.
Quand BD et Zic font bon ménage... tout le monde s'y retrouve.

Et quand on voit comment il s'auto-portraitise en Mr Sixties (au hasard)
...ça donne un truc bien sympa.



Tiens, vous avez vu ce qu'il sort de la radio ?
Ca ne vous rappelle rien ?


Those were the days my friend
We thought they'd never end
We'd sing and dance forever and a day...






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MessagePosté le: Mar Juin 12, 2012 4:50 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Pour les non-parisiens...

Petite visite guidée de la Crumb-caverne.








Plus de 40 ans de carrière, c'est que ça en fait des bulles...








Janis, sweet Janis... and Comix Strip...








Fun Fun Fun...






"Cela semble tellement bizarre d'être exposé dans un musée! Voir tous mes dessins, depuis cinquante ans, sur des murs, c'est très étrange et je ne comprends toujours pas pourquoi.
Je suis quand même impressionné et flatté", reconnaît-il, apostrophant le directeur du Musée d'Art moderne de la Ville de Paris, Fabrice Hergott, lors d'une présentation de l'exposition.

"C'est simplement parce que vous êtes l'un des plus grands dessinateurs de ces cinquante dernières années et que vous avez eu une influence considérable sur de très nombreux artistes", rétorque Fabrice Hergott.

Barbe blanche et yeux moqueurs derrière des verres épais, le filiforme Robert Crumb, fou de dessin et longtemps de LSD, libertin, chroniqueur des hippies, icône de la BD alternative, humoriste provocateur qui fustige les conventions sociales, hoche la tête en souriant.



"Crumb a transformé le monde de la bande dessinée pour en faire quelque chose de plus adulte, notamment en y introduisant la thématique sexuelle, jusque là impossible dans ce médium. Il y ajoute des éléments personnels, intimes, ce qui est quelque chose de très difficile à réaliser.
Il s’est toujours un peu dissocié de la contre-culture, de ces grands mouvements, comme celui des Hippies dans les années 1960. C’est un auteur absolument individualiste, à part, avec un regard spécifique et personnel.

Il y a beaucoup d’imitateurs de Crumb. Son dessin a généré un style -comme on parle aujourd’hui de "style manga"- qui est le "style Underground". Beaucoup de dessinateurs, comme Tardi, comme Swarte et d’autres ont eu une "période Crumb" comme on parle d’une "période bleue" pour Picasso, par exemple. L’arbre généalogique des auteurs issus de Crumb a produit une grande diversité de styles, de formes de bandes dessinées.

Il y a eu pas mal de rétrospectives de Crumb : aux Etats-Unis, en Allemagne à Cologne, à Londres... Mais celle-ci est nettement la plus grande que j’ai vue. 700 planches parmi lesquelles les 200 de la Genèse. Il y a ici des documents que je n’ai jamais vus avant : des histoires complètes, des dessins des années 1950, sa collection personnelle de comic books.
Avec ses originaux, on peut voir l’évolution constante de ses dessins influencés certes par les grandes BD américaines mais aussi les grands illustrateurs classiques comme Daumier, Hogarth ou Gilray. C’est fascinant de pouvoir admirer la précision et la beauté de ces dessins."

Paul Gravett



Ce qui distingue Crumb, le travail et l’homme, c’est son absolue sincérité, et elle est parfaitement lisible dans cette exposition. Face au système marchand, il a toujours choisi la marge.

Alors que la gloire lui était offerte rapidement, dès le milieu des années 1960, il a toujours préféré les publications éphémères produites en toute liberté loin des grosses machines à dollars, quittant les États-Unis pour rejoindre la France lorsqu’il s’est rendu compte que son petit coin de paradis californien allait être dévoré par les bétonneuses.

Timide mais pas coincé, torturé mais lucide, il a eu sur le sexe un discours d’une liberté rare qui s’apparente chez nous à celui d’un Gotlib, d’un Reiser ou d’un Hara-Kiri dans sa période la plus provocatrice.



Some more ?
http://www.bodoi.info/a-la-une/2012-05-28/une-splendide-retrospective-robert-crumb-au-musee-dart-moderne-de-la-ville-de-paris/58325
And again... http://gonzai.com/crumb-pere-vert-de-la-bd
And again... http://www.actuabd.com/Celebration-de-Crumb-au-Musee-d
And again... http://www.paulgravett.com/index.php/articles/article/r._crumb1
And again... http://roughdreams.fr/2012/04/crumb-de-lunderground-a-la-genese
And again... http://jourstranquilles.canalblog.com/archives/2012/04/14/24013194.html
And again... http://www.stefdem.com/blog/exposition-robert-crumb-au-musee-dart-moderne-a-paris
And again... http://www.francetv.fr/culturebox/crumb-icone-de-la-bd-alternative-au-musee-dart-moderne-a-paris-90937

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Dernière édition par Filou le Lun Jan 20, 2014 3:30 am; édité 1 fois
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MessagePosté le: Jeu Juin 14, 2012 10:39 am    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

En images qui bougent, ça donne quelques trucs sympas.

Comme ce petit docu diffusé par ARTE où l'on voit Crumb au vernissage de l'expo, justement.



Un peu plus de cette conférence au vernissage où Crumb répond à des questions de journalistes et autres.



Et aussi cette présentation du commissaire de l'expo, Sébastien Gokalp, qui explique en quoi cet artiste est important
et pourquoi une expo d'une telle ampleur a toute sa place dans le cadre d'un musée national comme le Musée d'Art Moderne.

Il présente aussi tout ce que l'on peut y voir, comment l'expo est articulée, comment elle s'est mise en place....
Et tout ça avec des images de l'expo. Une sorte de visite guidée, quoi. Very interesting.



Et puis aussi... Plus formel déjà.
Une mise en musique assez originale.
Et qui donne une idée de la taille impressionnante de l'expo.
Jusqu'aux planches de sa GENESE exposées ici ...dans leur totalité. 209 planches. Glups !




A propos de ce bouquin sorti dernièrement (2009), La Genèse -selon Robert Crumb- voila un article qui donne une bonne idée de la chose.
Un projet qui semble loin, bien loin de l'univers auquel il nous a habitué. Et pourtant. En respectant le texte original, faut dire.
Remarquez, il a bien déjà illustré du Sartre et du Kafka, alors pourquoi pas la Bible...




Crumb précise lui même qu'il était parti pour dessiner une version satirique d'Adam et Eve jusqu'à ce qu'il réalise à la lecture de la Genèse que celle ci résistait à la parodie. Trop bizarre, mystérieuse et puissante : Crumb s'est alors embarqué dans ce qu'il désigne comme un simple travail d'illustration.
A la lecture des premières pages, c'est bien tout ce qu'il en ressort et on se demande bien où est l'auteur dans cette illustration sans personnalité du Texte. Puis vient le Serpent, créature semi-humaine dont la séduction et la symbolique deviennent plus qu'évidentes à travers le dessin de Crumb. Puis Dieu se met en colère, ses malédictions sont bizarres et misogynes, ses traits de patriarche Charlton-Hestonesques sont déformés dans une expression mesquine et terrible.
Finalement, cette lecture de la bible est toute crumbienne mais bien plus subtile que ce à quoi l'auteur des BD joyeusement misogynes et racistes des 60's nous avait habitué.


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MessagePosté le: Mer Juin 20, 2012 12:12 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

J'y suis allé hier, à l'expo.
Avec l'ami Massimo (tiens, ça rime).

Massimo était de passage à Paris et on en a profité pour nous taper une bonne tranche de Crumb. Miam-miam !

Impressionnant. Très impressionnant.
On est loin d'une petite expo rassemblant quelques oeuvres d'un artiste.
Là, il s'agit bien d'une retrospective de TOUTE l'oeuvre de Robert Crumb. Ou une sélection représentative.

Il y a une quantité astronomique de dessins, esquisses, planches originales, revues d'époque et objets en tout genre.
C'est assez phénoménal d'avoir réussi ce tour de force de réunir tout ça dans un même lieu. Il y a de quoi se régaler, croyez-moi.

Et on s'est régalé, Massimo et moi.
Lui est plus amateur que moi en BD et ne regrette absolument pas d'avoir profité de son petit séjour parisien pour admirer cet hommage rendu à ce maître incontestable. Représentant incontournable de la culture underground américaine des années 60/70 mais pas que. Ça aurait été vraiment dommage de louper ça. D'ailleurs, je pense que je vais sans-doute y retourner avant la fin de l'expo.

On y a passé du temps pourtant, à regarder tout ce qu'il y avait à voir. A croire que cela ne suffisait pas.
On a bien dû y passer trois bonnes heures en tout. Peut-être même plus... Massimo, tu confirmes ? Cool

Au final, joli travail, énorme travail de présentation, de sélection des oeuvres, de la part des organisateurs qui ont fait appel à de grands collectionneurs, et à Crumb lui-même qui a fini par se prêter au jeu, même si ce n'est pas vraiment son truc au départ.
On y voit cette boulimie du bonhomme qui ne semble jamais s'arrêter de dessiner, de créer, d'innover. Même si l'on ne voit qu'une partie de son oeuvre, on imagine bien l'étendue de son travail. Et le documentaire projeté en fin d'expo relate bien tout ça. De ce côté sans arrêt excessif dans sa vision du monde, de ses contemporains, de ses névroses et obsessions qu'il étale sans limite, sans auto-censure.

Parfois, on se dit qu'il va trop loin. Souvent même. Mais c'est justement tout l'intérêt du bonhomme. Une créativité à toute épreuve qui l'a suivi toute au long de sa vie. Et le résultat n'est que plus impressionnant. On reste sur le cul. C'est le cas de le dire Wink

Bref, je vous recommande fortement. Plus que fortement.
Et ce n'est pas Massimo qui me contredira.

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maxmas55



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MessagePosté le: Jeu Juin 21, 2012 10:16 am    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Filou a écrit:

On a bien dû y passer trois bonnes heures en tout. Peut-être même plus... Massimo, tu confirmes ? Cool
...
Bref, je vous recommande fortement. Plus que fortement.
Et ce n'est pas Massimo qui me contredira.

Filou


Oui, je confirme... et c'est vrai que avec moi il ne faut pas être trop pressé lorsqu'on m'accompagne voir ce genre de truc ou alors dans certaines boutiques, car j'suis fouineur et trainard à la limite même du carrément chiant Very Happy
Mes huit jours parisiens m'ont fait du bien (bien que mon portefeuille n'est pas trop d'accord)... dommage que ce soir je vais rentrer chez moi; 36° à l'ombre ça va me faire un choc Shocked
_________________
There's nothing you can say that can't be said...
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MessagePosté le: Lun Juin 25, 2012 4:49 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée avec Massimo Répondre en citant

Fouineur et traînard... Pas faux.

A la limite même du carrément chiant... A l'extrême limite alors Laughing


Non mais vraiment une chouette expo.
Content qu'on l'ait fait ensemble. Ca tombait bien.



Tiens, une pièce que l'on n'a pas vue à l'expo.
Et pour cause.
C'est un bootleg.

Une petite rareté datant de 1972.
Une sorte de compile de vieilleries du rock n'roll.
Everly Brothers, Buddy Holly, Vince Taylor and the playboys ...

Il existe avec une pochette couleur ou en noir et blanc.
Le premier pressage est sorti en couleur, papier glacé. Le plus rare, je crois bien.



Plutôt chouette, non ?
On pourrait même dire ...assez bandant !!! Embarassed

Il aurait bien eu sa place à l'expo, tu ne penses pas ?

Le label ? ...




Crumb a tout de même été crédité. C'est déjà pas mal.

Album tout droit atterri dans ma normande depuis peu.
Pas mécontent de cette dernière acquisition.


Faut dire que des pochettes à la Crumb, y en a de vraiment chouettes.






Plus d'infos :

Transfusion
Rave From The Grave - Blast From The Past vol. 1
Union Pacific UP004
Here's another rare Crumb art album cover.
This LP cover was a pirated image off of the Snatch No.3 underground comic book cover,
and was produced in two versions. One in color, like this one, and one in black and white.
Both were produced in the UK in the early seventies and featured some cheaply made record
jackets, so they're kinda flimsy, although this color version has the additional clear plastic over
the color print, which is like a very thin cellophane. Only one side of the LP label was printed too,
with the opposite side just being a blank white label.

This is volume one and has a compiled selection of roots rock and rockabilly, including an interview
with Buddy Holly. Transfusion volume two also had a pirated underground comix cover by George DiCaprio.

TRANSFUSION: RAVE FROM THE GRAVE, BLAST FROM THE PAST" LP!!! RARE ROCKABILLY WITH R. CRUMB COVER!!!
This piece is very hard to find, and very cool. Please note that this in not the very first, extremely scarce pressing
with color cover, but it is still quite rare. Matrix #s: UP+104+A/UP 004 B.


Rave From The Grave : http://collectorsfrenzy.com/Details.aspx?id=170282979674
http://www.popsike.com/TRANSFUSION-Rave-From-The-Grave-UK-LP-R-Crumb-cover/270900520807.html

Les crumb's pochettes : http://web.comhem.se/~u87008863/crumbrecords.html




Looking for Crumb ? http://web.comhem.se/~u87008863/newlinks.htm

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MessagePosté le: Mar Juin 26, 2012 10:09 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée avec Massimo Répondre en citant

maxmas55 a écrit:
Mes huit jours parisiens m'ont fait du bien (bien que mon portefeuille n'est pas trop d'accord)... dommage que ce soir je vais rentrer chez moi; 36° à l'ombre ça va me faire un choc Shocked

Un petit souvenir de Paname ? Wink




Recadré ET retouché... oui Laughing

J'aimais bien la pose de la fille derrière.

Oui, tout est dans le background.



Mais aussi...

Miam-miam les goodies.






Allez, une p'tite dernière pour la route.



Ah ces touristes !

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MessagePosté le: Jeu Juil 05, 2012 3:59 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Filou a écrit:
Et un truc marrant que j'ignorais, c'est que Crumb, furieux de l’adaptation cinématographique de Fritz the Cat
qui avait été décidée dans son dos au début des années 70, a fini par faire assassiner son personnage
avec un pic à glace dans une BD, mettant ainsi un terme définitif à l’existence de Fritz, crée alors
qu’il était encore adolescent.



Un film d'animation qui a pourtant grandement contribué à sa notoriété dans le monde entier
mais auquel il n'adhérerait pas sur de nombreux points (les dialogues, la voix utilisée...)

In 1970, Crumb began a five-year, on-again off-again relationship with Kathy Goodell,
who lived in San Francisco. In the same year, Crumb’s wife gave permission for Ralph
Bakshi to use Fritz the Cat in a full-length feature film. Crumb, entirely dissatisfied with
the project, soon after killed Fritz the Cat, a character he had created in adolescence.



Crumb disliked the film so much, he attempted to have his name taken off the film's credits. The bad feelings poisoned any potential relationship between Crumb and Bakshi. Crumb disliked the voice used for Fritz, what was (he felt) condemnation for the left, and that the dialogue was not consistent with the character, but instead "red-neck and fascist".
In fact, Crumb was so incensed by the film, that he later drew a strip where Fritz was killed off.

Fritz did effectively die with that strip, and from what Crumb has said in interviews since, he will remain so. Art critics and historians still ponder the popularity of that strip, and in fact the popularity of Crumb, himself, who has outlasted most of his fellow comix creators. The original comix books and other paraphernalia bring big bucks, and collectors still avidly strive to find them. If people find Crumb weird and sick for creating it all, what does that say about the people who made him popular and keep his work alive?


Si le film a été désavoué par Crumb.
L'album de la BO n'en demeure pas un bel objet de collection.

Et je dois dire qu'elle n'est pas très facile à trouver en pressage original.
En version US ou française, elle est superbe avec sa pochette ouvrante.

Comme par exemple ici en pressage US et de plus est ...promo !!! (voir la mention sur le label)




Elle a été rééditée récemment mais ces cons ont eu la stupide idée de la faire en pochette simple.
Beaucoup moins d'intérêt. Evidemment. Ah ces boulets, j'te jure.

Filou
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MessagePosté le: Lun Aoû 20, 2012 5:33 pm    Sujet du message: Re: CRUMB au Musée d'Art Moderne jusqu'au 19 août 2012 Répondre en citant

Voila. C'était hier le dernier jour.



De l'avis général, c'était une rétrospective à ne pas louper.
C'est vrai qu'une expo d'une telle envergure ne risque pas de se représenter de si tôt.
Et c'est d'autant mieux qu'elle ait pu être mise en place de son vivant. Tant qu'à faire...

J'en connais au moins deux qui en repartent des images plein la tête.








Une critique particulièrement bien vue de l'expo avec des photos que j'ai prises :

Dans la première partie de l’exposition, on découvre « l’avant Crumb », c’est-à-dire ses influences (Harvey Kurtzman, L.B Cole, etc.) et ses premiers dessins publiées.
Suit l’euphorie créative des années 1960-1970. Durant cette période, les récits de Crumb partent dans tous les sens, se contredisent, font des retours, tant et si bien qu’on fini par ne plus savoir où se situe l’artiste. Et c’est cette complexité qui est proprement captivante.
Les années 1980-1990 (époque Weirdo et Hup) marquent une sorte de pause dans la créativité tous azimut de Crumb. L’artiste prend conscience que le monde qui l’entoure ne lui convient pas vraiment et multiplie les récits caustiques et désabusés sur la bêtise humaine.
Les années 2000 seront celles d’une œuvre plus posée, méticuleuse parfois jusqu’à l’obsession qui le mènera à illustrer notamment La Genèse dont l’intégralité des planches est présentée au MAMVP. C’est aussi l’époque où il réalise ses portraits vintage de jazzmen et de bluesmen.

Du point de vue des pièces présentées, l’exposition est proprement époustouflante car elle nous plonge dans une des œuvres les plus connectées avec son époque, bien plus que la plupart des artistes traditionnellement présentés en ces lieux. Cette expo nous rappelle la force du dessin lorsque ce dernier combine virtuosité technique et intelligence de l’observation de son auteur.



Ce qui est frappant avec les planches et les dessins de Crumb est la quasi absence de repentirs et le soin extrême porté aux dessins, même au plus fort des expérimentations psychotropiques de l’auteur. On ne trouve quasiment pas de reprises au « blanc », pas d’ajout de collage (même pour les textes), pas de tâches.
C’est peut-être sur cet élément que se cristallise la personnalité de Crumb : une sorte de maniaque totalement méticuleux qui — même en pleine tempête hippie — prend le soin de peaufiner ses dessins et de bien ranger ses planches dans un endroit sur.

Cette attitude tranche totalement avec un autre génie de la Free Press des années 1960 comme Gilbert Shelton. Les planches de Shelton (qu’on a pu notamment voir à Drawing Now 2012) étaient bourrées de reprises, jonchées de taches diverses et variées… On sentait bien que ses dessins des Freaks Brothers ou de Wonder Wart-Hog avaient, in-extrémis, été sauvés de la poubelle ou auraient pu finir leur vie comme papier à cigarette pour rouler d’énormes joints…



En plus de l’intelligence de l’exposition en général, on notera l’attention particulière du musée pour l’accrochage des pièces. Les planches et les dessins sont soigneusement éclairés, même les plus grandes d’entre elles ne souffrent d’aucun reflet.
Il faut aussi rendre hommage au musée qui n’a pas essayé de gommer le fait que ces dessins étaient avant tout destinés à être publiés. Ainsi, grâce aux nombreux exemplaires exposés en vitrine, on peut se rendre compte des formats des fanzines de l’époque, de leurs couleurs, du grammage du papier, des titres accrocheurs, etc.

Autre gentille attention du MAMVP, quasiment l’ensemble des planches est traduit dans des petits fascicules disposés à proximité des planches originales. Même si ces traductions ne sont pas toujours simples à lire (petits caractère, livrets positionnés un peu bas pour moi, etc.), il reste qu’elles permettent d’avoir une idée de ce que racontent toutes ces « crumberies ».



A signaler également l’excellent travail de traduction et d’édition réalisé depuis plusieurs années par les éditions Cornélius qui publie régulièrement des nouveaux tomes des dessins et bédés de Crumb, ainsi que le catalogue de l’exposition vendu à un prix très honnête.

Alors on se met à rêver à une grande exposition sur la Free Press voire sur ses versions françaises. Car ce qui vient naturellement à l’esprit en sortant de l’expo Crumb est « quel dessinateur français pourrait en être l’équivalent ? ». Alors on pense à Gotlib ou a Alexis pour le trait et la loufoquerie, Reiser ou Franquin pour l’humour noir, mais hélas ces dessinateurs sont soit morts soit ont arrêté de dessiner…


http://osskoor.com/2012/07/13/robert-crumb-de-lunderground-a-la-genese-au-mamvp

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MessagePosté le: Mer Oct 03, 2012 2:02 am    Sujet du message: La Crème de Crumb le livre Répondre en citant

Une rétrospective également sur papier avec cet ouvrage sorti il y a peu.
J'ai trouvé une belle critique qui en parle bien. Alors, autant y mettre ...du sien.




Ce n’est pas une crème pâtissière, encore moins une chantilly immaculée. Non. La crème de Crumb, c’est plutôt une mixture jaunâtre, collante et corrosive, où le sucre a été remplacé par un cocktail (d’)acide.
L’éditeur Cornélius a réuni plus de 200 pages de bandes dessinées, quintessence de plus de cinquante ans de folie du maître de la BD underground.

Au fil des aventures de Fritz the Cat, Mr. Natural ou Mr Snoid, Crumb se transforme sans arrêt, ses récits foisonnants des années 1960 inspirées par le LSD glissant, au cours des années 1980, vers un travail plus réaliste. Pour autant, jamais il ne perd son incontrôlable subversion.



Il revendique sa liberté sans penser aux conséquences de ses dessins ni s’autocensurer ; sans se canaliser pour défendre une cause ou une autre, ni avoir à se justifier.
Traversée par un humour farfelu (“Encore plus d’humour tordu pour ne rien dire”, proclame-t-il en ouverture de Mr Snoid), fourmillant de saynètes psychédéliques, l’œuvre de l’Américain possède une énergie comique inégalable, immédiate et hyper sexuée.



Mais armé de son dessin déformé par le désir (toutes les femmes font deux mètres, ont des cuisses de rugbymen et un fessier improbable), Crumb est surtout l’un des auteurs qui manie le mieux l’autofiction – ou plutôt, comme il l’appelle, l’“autodénigrement”. L’un des premiers à explorer ce genre avec autant de sincérité, et à lui donner une telle résonance.

Que ce soit pour décrire les troubles de l’adolescence ou de la crise de la quarantaine, son ton introspectif s’avère d’une humanité extraordinaire, révélant ses doutes, sa culpabilité, ses frustrations poisseuses et ses craintes enfouies.



http://www.lucyintheweb.net/lucy/forum/viewtopic.php?p=109427#109427

Derrière ses délirantes perversions, Crumb étudie avec une grande perspicacité ses débordements, reconnaît ses faiblesses, et compose en fait le portrait outrancier d’une société en pleine déliquescence.

Inlassablement, il attaque la religion, la bien-pensance, la famille, la vacuité de notre civilisation et toutes les barrières qu’elle impose à nos pulsions, nos envies, nos espérances – “C’était sinistre, mais nous pouvions toujours trouver refuge dans le monde merveilleux et loufoque des comic books.”

Des dizaines de dessins et couvertures inédites, des photographies, ainsi que des extraits des carnets de l’auteur complètent ce volume, notamment dans certaines sections en couleur, magnifiques.



Un entretien-fleuve passionnant, réalisé par Gary Groth en 1988 et jamais traduit en français, revient sur le parcours de ce héraut malgré lui de la contre-culture.

Robert Crumb y parle de musique, de drogue, du suicide, du féminisme, de la politique, et même de l’attraction sexuelle incontrôlable exercée sur lui par… Bugs Bunny. Ainsi que de cette vie moderne qu’il exècre tant, “pratique facile, bon marché. La vie toute entière devient un hamburger de chez McDonald : comestible, mais sans beaucoup de substance.”

Heureusement que pour la rendre plus savoureuse, on peut l’assaisonner avec la crème de Crumb.


Douksavien : http://laccoudoir.com/bande-dessinee-bd/la-creme-de-robert-crumb-3420





Par Pierre Cornélius :

La crème de Crumb regroupe les meilleures histoires de R. Crumb des années 60 à nos jours et ses personnages emblématiques tels que Fritz the Cat, Eggs Ackley, Mode O’ Day, Mr. Natural, Angelfood McSpade ou encore Mr. Snoid.
Mais Robert qui est un chic type, nous a aussi prêté ses carnets de dessins, et me voilà donc avec une montagne d'inédits, des vrais, que je m'empresse de partager avec vous, lecteurs chéris.



Comme son titre l’annonce haut et fort, La Crème de Crumb se propose de réunir en un volume compact la quintessence d’une œuvre polymorphe s’étalant sur plus d’un demi-siècle de création. Ouvrage destiné aux néophytes autant qu’aux amateurs, il recueille les pages emblématiques d’une carrière foisonnante et présente au lecteur une grande quantité de documents rares ou inédits.
On y retrouvera un Crumb toujours en verve, qui tire à boulet rouge sur ce qui l’horripile et décortique avec sagacité ce qui l’obsède. Et les sujets ne manquent pas : humains, animaux, incarnations de l’auteur et ectoplasmes divers défilent pour évoquer le sexe et la religion, le monde moderne et ses mirages, la sacro-sainte famille et ses hypocrisies, l’idéal et le mythe des sixties, la musique et la nostalgie qui s’y attache…



La Crème de Crumb permet de découvrir l’évolution d’un style qui n’a cessé de se réinventer au fil des décennies. Piochant dans les carnets de croquis de jeunesse de l’auteur, suivant l’inspiration grotesque et délirante des années psychédéliques jusqu’à la métamorphose réaliste des années 1980, le sommaire composé pour cet ouvrage couvre toutes les périodes de l’œuvre et s’appuie pour une large part sur les originaux.

Le livre est complété par une interview-fleuve inédite en français dans laquelle Crumb revient sur ses influences, son histoire familiale et son parcours exceptionnel. Coffre aux trésors, portrait de l’artiste, digest éclairé, La Crème de Crumb est le livre indispensable à tous ceux qui aiment l’auteur de Mister Snoid ou veulent le découvrir.


Cornélius link : http://www.cornelius.fr/blog/index.php?post/2012/05/14/La-cr%C3%A8me-de-Crumb

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