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Dossier spécial : Les derniers jours de George Harrison
Après la déclaration d'un cancer à la gorge et une agression qui avait failli lui coûter la vie, George nous revenait en force avec la réédition de son chef-d'oeuvre "All Things Must Pass" ainsi qu'un nouvel album en prévision, mais la maladie l'a finalement arraché du "material world", nous laissant tous orphelins.



Le 22 décembre 2000, George Harrison répond aux questions de Timothy White pour Billboard. L'entrevue est traduite en français pour "Lucy In The Web" par Krystel.


Trente ans après, « I’d Have You Anytime » (co-écrit avec Bob Dylan ainsi que les 23 autres morceaux inclus dans "All Things Must Pass", numéro 1 pendant sept semaines avec trois singles en tête des charts et près de 3 millions de disques vendus), George Harrison est de retour avec une toute nouvelle édition remixée de son premier opus solo, comprenant cinq pistes bonus, incluant enchanteresse ballade « I Live For You ».

Ce come back apparait pour George comme une véritable prouesse après l'agression dont lui et son épouse ont été victime l'an dernier.

Cette première sortie, prévue pour le 23 janvier prochain, s'inscrit dans un programme de réédition de tout son répertoire. Elle emboîte ainsi le pas des Beatles avec la compilation « One » en tête des hits dans près de 35 pays.

Couronné de récompenses lors des Awards de Bilboard en 1992, George Harrison a pris quelques congés pour revenir sur le devant de la scène avec un travail remarquable qui ne manquera pas de combler le cœur des mélomanes.



George, comment allez vous ?
Ohh je vais bien merci. J’ai eu des hauts et des bas (rires), mais je me sens vraiment très bien maintenant.

Votre ancien groupe est numéro 1 dans le monde !
Je sais, c’est drôle n’est-ce pas ? C’est intéressant et étonnant, j'ai croisé beaucoup de jeunes récemment de 15, 16, 17 ans qui aiment vraiment cette musique, l’envergure du groupe a suivi les époques.

La réédition en 1999 du film et de l’album « Yellow Submarine » était une bonne méthode pour conquerrir de nouveaux fans parmis les jeunes.
Je le pense, c’était la même chose lorsque les gens avaient 9 ou 16 ans dans les années 60. Ils aimaient et ils aiment ça aujourd’hui pour les mêmes raisons simples : les musiques sont accrochantes, drôles. Il faut dire aussi que ces mélodies étaient un grand soulagement après les 15 ou 20 dernières années. Aussi, j’ai pensé que je pourrais en profiter pour ressortir tous mes vieux morceaux ! (rires)

Tout le monde attends avec impatience de voir votre travail .. les cœurs tremblent !
Vous savez, il en était question depuis longtemps mais les gens souhaitent voir tout mon répertoire musical rejaillir uniquement parce que ca fait longtemps. Il me semblait évident de commencer avec mon tout premier album car il m’avait vraiment distingué dans ma carrière solo quoiqu’il en soit.

Aviez vous destiné des chansons telles que « Isn’t It a Pity » pour vous être personnellement attribuées ?
Non, c’est amusant, imaginez si les Beatles avaient continué indéfiniment. « Isn’t It a Pity » aurait juste été une chanson des Beatles, n’est-ce pas ? Et maintenant que pourrait-il être dit de chacun de nous ? « Imagine » aurait été une chanson des Beatles, mais c’était une chanson de John. Il s’est simplement passé que la vie du groupe était terminée.

Quelles étaient les inspirations de « Isn’t It a Pity » ?
C’est simplement une observation de la société et de moi-même. Nous considérons tout comme acquis en oubliant de donner en retour, à la façon d'une amourette véçue entre 16 et 20 ans. Je m’explique : une fois que je suis rentré chez Warner Bros, j’ai écrit la chanson « Blood From a Clone » (en 1981 sur l’album « Somewhere In England »), c’était lorsqu’il y avait toutes ces études menées pour découvrir ce qu’était un tube. Et apparemment, comme je l’avais précédemment dit, un tube est quelque chose qui traite d'une amourette véçue entre 14 et 19 ans, ou quelque chose qui sonne comme ça.

Parlons maintenant de « I Live For You », une merveilleuse chanson avec une très belle vocalise
J’ai soudainement réalisé que j’avais beaucoup trop de morceaux pour un seul disque (actuellement, c’est un double album), en ne comptant pas le morceau « (Apple) Jam » et cette piste sonnait mal, elle sonnait trop exotique. Je ne l’ai jamais incluse parce que je ne l’ai jamais terminée. En m’y repenchant, j’ai posé le son de batterie très simplement. Mais le principal intérêt pour moi c’est le solo à la guitare de Pete DRAKE. Il est décédé en 88 et j’ai souvent pensé que si sa famille était là, alors brusquement ils l'entendraient jouer comme ils ne l’ont jamais entendu auparavant. J’aimais vraiment sa guitare et ce style country/western.

Sur « All Things Must Pass », la chose vraiment étonnante c’est qu’il y a autant de styles musicaux différents que de morceaux. « Behind That Lockeds Door » aurait pu être un tube.
Oui, je pense que j’ai été très influencé par Bob Dylan à l’époque de « Nashville Skyline » en 69. J’ai écrit ça la nuit avant le festival de l'Ile de Wight en 70.

Etait-ce une grande décision de commencer l’album avec la chanson que vous aviez écrite avec Bob Dylan « I’d Have You Anytime » ?
Probablement oui, parce qu’il y avait dans le texte « Let me here » ! (rires). Et peut-être inconsciemment j’avais besoin d’un peu de soutien, j’ai eu Eric CLAPTON pour jouer le solo et Bob avait contribué au texte donc il fallait m’en servir.

Qui était Jeep sur « I Remember Jeep » ?
Jeep était le chien d’Eric. Un genre de chien brun orangé avec les yeux roses ! (rires)

D’où vient l’expression « All Things Must Pass » ?
Je pense que je l’ai entendue de Richard Alpert (Baba Ram Dass), mais je n’en suis pas sûr. Quand vous lisez de la philosophie ou des choses spirituelles, c’est une expression très répandue. Je l’ai écrite après « Music From Big Pink ».

Sur les pistes bonus, l’acoustique de « Beware Of Darkness » avec « Beware of ABKCO » (ancienne compagnie qui forma Allen KLEIN manager des Beatles), c’est électrifiant ! Etait-ce la première version enregistrée ?
Oui. En fait je n’ai même pas su qu’elle avait été enregistrée ! J’ai du aller plus loin que la chanson avec Phil SPECTOR parce qu’il était le co-producteur et nous y étions mêlés. Je pense qu’au Studio 2 à Abbey Road, l’ingénieur avait un microphone et a enregistré. La version acoustique de « Let It Down » est sur la même prise mais j’ai ajouté la guitare acoustique et Ray COOPER faisait le synth très discrètement. Sam, la fille de mon ami musicien Joe Brown, qui a sa propre maison de disque en Angleterre, est une très bonne chanteuse. Je lui ai demandé de faire les chœurs sur « My Sweet Lord 2000 », elle chante également après le solo de guitare.

Concernant le fulgurant procès de 71 autour de « My Sweet Lord » et la supposition de plagiat des Chiffon's « He’s So Fine », vous possédez maintenant les droits, exact ?
Oui après 20 ans le juge m’a attribué la chanson et l’argent qui a été perçu pour « My Sweet Lord ».

Quels sont vos projets ?
Je vais remasteriser tout mon répertoire en commencant par « The Concert Of Bangladesh », « Living in the Material World » avec des morceaux inédits et des bonus. Viendra ensuite tout mon ancien répertoire chez Warner Bros et les Wilburys bien sur. Je déteste prédire les choses mais le prochain album sera probablement pour novembre prochain, ce ne sera pas le dernier, mais le premier d’un bon nombre d’enregistrements. Après.. je prendrais sûrement des vacances !





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