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Bonsoir Paris, les Beatles et la presse française
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Retrouvez régulièrement sur Lucy toute l'actualité de John, Paul, George, Ringo et tout ce qui a trait de près ou de loin aux Beatles. Nous collectons et recoupons pour vous les informations aux quatre coins de la Toile pour ne vous donner que le meilleur et le plus juste possible. Bonne lecture !


Mardi 3 février 2004 :

Interview exclusive de Philippe Paringaux - partie 2


Dans le cadre de la sortie en France du superbe ouvrage "Lennon légende" paru aux Editions du Seuil à la fin de l'année 2003, Lucy a eu le privilège d'interviewer Philippe Paringaux qui a réalisé la traduction du livre. Nous vous livrons aujourd'hui la seconde partie de cet entretien exclusif.

Présentation

Journaliste de rock pendant 20 ans, Philippe Paringaux a été rédacteur en chef du magazine Rock'n'folk. Il passe également du temps à inventer des histoires et scénarios pour la Bande Dessinée, travaillant notamment avec Loustal. De même, il a collaboré à Metal Hurlant à la fin des années 70, publié un roman Privé d'amouret a effectué la traduction française du livre The Beatles Anthology plus récemment.

Entretien

Billy Shears pour Lucy : Etes vous Stones ou Beatles?
P. Paringaux : Je ne prendrais pas la question comme cela. Sachant que j'ai été journaliste rock à partir de 1968, il y aura toujours une dimension qui m'aura manqué: la scène. Je n'ai pas pu revoir les Beatles en concert. Alors que tous les autres, oui. Cela change mon appréciation. Il me manquera toujours ce pan là, ce pan essentiel, la scène, puisque je n'ai ai qu'un souvenir très vague.

Lucy : Mais encore?
P. Paringaux : Les Beatles font partie de ma vie. Je suis fasciné par la rapidité avec laquelle les choses se sont faites. En cinq ans, de Love Me Do à Sergeant Pepper, tout a été dit. Leur progression est proprement incroyable. Certes, tout allait très vite dans le rock pendant les sixties, mais eux sont allés plus vite que tout le monde. C'est sidérant.

Lucy : La cassure la plus marquante se situe sans doute en 1965 entre Help et Rubber Soul...
P. Paringaux : Help? Je ne sais pas; j'ai un disque là, "Beatles 1965", un pressage français, celui où il y a "I'm a looser", mais vous savez, avec toutes ces éditions différentes, Angleterre, USA, divers pays européens, etc... on s'y perd un peu. En tout cas oui, ce disque, ou Help si vous voulez, c'est la fin de la "période innocente". Et avec Rubber Soul, on bascule. Il y a dans ce disque, mon préféré à vrai dire, à la fois les Beatles d'avant, tandis que le présent et surtout le futur se dévoilent.

Lucy : Pensez vous que les drogues y soient pour quelque chose?
P. Paringaux : Sans doute que la Marijuana et le LSD leur ont permis d'explorer d'autres univers. Et sans avoir eu le temps d'en expérimenter les aspects nocifs. Ils ont gardé leur classe, leur élégance. Ils ne se sont pas transformés en junkies lamentables comme Brian Jones. Ils ont utilisé la dope pour booster leurs capacités créatrices, mais ont toujours su faire le tri, ils ont été épargnés par le mauvais côté.

Lucy : Rubber Soul est indissociable de Revolver..
P. Paringaux : Revolver, c'est magique. Il y a dedans ma chanson préférée des Beatles

Lucy : Tomorrow never knows?
P. Paringaux : Oui. Parce qu'elle a ce coté répétitif, sur une seule note. Parce que j'adore la voix de John sur cette chanson. Avec le recul, je trouve le texte marrant. Et John a été assez malin pour trouver ce titre absurde, qu'il a emprunté à Ringo. Lennon se branchait sur tout, courrait tous les lièvres, tombait dans tous les panneaux, politique, gourou-machin, ect.... Mais toujours avec sincérité. C'est pour moi sa chanson la plus émouvante, même si ce n'est pas forcément la plus belle. Elle me donne la chair de poule, je l'écoute assez souvent. Si j'était ingénieur du son, je la mettrais en boucle pour qu'elle dure une face entière! En fait, Rubber Soul et Revolver auraient pu faire un double. Les Beatles atteignent ici leur sommet. Ils sont encore frais, ils sont encore un groupe. J'aime ces deux disques pour cela. Ce ne sera plus pareil après, ce seront les compositions de chacun, bien marquées. Dans Rubber Soul et Revolver, les chansons sont encore un peu naïves, et déjà malines. Je crois qu'on a trop dit aux Beatles qu'ils devaient arrêter de faire des chansonnettes. Or, ils sont les plus grands auteurs de chansons du XXe siècle! 1965-1966, c'est la période d'équilibre.

Lucy : Vous semblez avoir un faible pour John Lennon...
P. Paringaux : Sa voix me touche plus que celle de McCartney. Pour tout vous dire, je préfère John à Paul. Paul se met en retrait dans ses chansons, il invente des scènes, des personnages, des histoires, alors que Lennon, lui, se met à nu. Dommage que Yoko Ono soit arrivée dans le paysage. Elle a tout changé...

Lucy : Vous la tenez responsable de leur séparation?
P. Paringaux : Oui. C'est elle qui a mis fin aux Beatles. Les albums solo qui sont venus après, c'est toujours moins bon... John était trop influençable. Je pense qu'il a toujours été emmerdé qu'on considère les Beatles comme des gentils garçons. Il a voulu aller plus loin, montrer qu'il était un vrai rebelle. Ce n'est pas sûr que ça lui ait servi. Peut être qu'au-delà de 1969-1970, ils avaient encore des choses à dire ensemble. Mais Yoko a cassé l'ambiance. Ils avaient toujours fonctionné à quatre, voir à cinq avec George Martin. C'est comme si les footeux commençaient à emmener leurs nanas dans les vestiaires! Comment faire dans ces conditions? Yoko m'indisposait à l'époque, elle m'indispose encore plus aujourd'hui. Elle a brisé la magie. Je sais bien que John et Paul se tiraient la bourre depuis toujours, mais c'était une saine compétition....

Lucy : Et dire que dans ces conditions, il sortent un disque comme Abbey Road!
P. Paringaux : Ce disque prouve qu'à l'été 1969, au bout de tout, ils en avaient encore dans le ventre. Arriver à sortir ça, c'est très fort. Imaginez un peu Abbey Road fait dans les conditions de Rubber Soul ou Revolver! C'est pour moi un regret que leur carrière, leur période créative qui dure environ 5 ans, ait été si brève. Je ne peux pas imaginer qu'en 1970, ils étaient pressés comme des citrons, qu'ils n'avaient plus rien à dire.

Lucy : D'un autre côté, il n'y aura jamais le disque de trop, le déclin...
P. Paringaux : On dit que chaque groupe, chaque artiste, a un seul bon album dans le ventre. Les Beatles ont l'avantage d'en avoir fait plusieurs. Sur l'ensemble de leur production discographique, il n'y a pas grand chose à jeter. Je trouve leur musique fraîche et jubilatoire. Surtout maintenant. A l'époque, ce n'était pas bien vu de faire de la musique "fraîche", les rockers interprétaient cela comme de la niaiserie. Il fallait mourir à chaque chanson. C'était moins bien vu d'écouter les Beatles que le Velvet Underground par exemple. La musique des Fab Four n'était pas crédible pour l'intelligentsia rock. Il fallait être sérieux! Or, le temps passe et le legs reste. Cette musique, cette vibration gaie, cette fraîcheur, cela fait partie intégrante du plaisir que j'ai toujours à les écouter. Je me dis qu'ils auraient pu en faire encore un petit peu. Jusqu'en 1975 par exemple, ça aurait été quelque chose. Pas une carrière à rallonge non plus. Prenez les Stones aujourd'hui, je trouve ça pathétique....

Lucy : Comment jugez-vous l'évolution du rock ces 30 dernières années?
P. Paringaux : Je vous avoue que je n'écoute pas beaucoup de rock postérieur à, disons, la fin des seventies et la période punk. J'ai arrêté de travailler pour Rock&Folk en 1990, je recevais donc toujours un paquet de disques jusqu'à cette époque. Bon, il y eu Nirvana... Mais je ne sais pas... c'est peut-être le vieillissement.. Il y a Prince, peut-être le seul artiste pour lequel je me suis dit "tiens, lui, il fait peut-être avancer le truc" en écoutant ses premiers albums. Il a écrit quelques petites chansons miraculeuses. Sans être totalement nouveau, il est vivant, il swingue, il a ce côté boulimique que j'aime bien. C'est peut-être le dernier concert que j'ai envie d'aller voir : Prince dans un petit club, comme il a l'habitude de le faire dans chaque grande ville. Mais d'une manière générale, je me suis un peu désintéressé de la question. Il y a des disques avec une ou seulement deux bonnes chansons à l'intérieur, cela ne m'intéresse pas. Ce que j'entends aujourd'hui me laisse penser que les Beatles n'ont pas été remplacés. Le rock de maintenant tourne autour de cet héritage. C'est une digestion lente, la musique des sixties. Philippe Manoeuvre m'expédie toujours Rock&Folk chaque mois et je m'étonne de lire 30 pages sans connaître le moindre nom! Et tout ce que j'entends... je l'ai déjà entendu. S'il y avait des Beatles tous les cinq ans, cela se saurait. Peut être que ça arrivera un jour. Mais pour me résumer, et en ce qui concerne le rock, je n'écoute que des vieux disques et si je me refais une collection, puisque j'ai tout laissé à Paris, eh bien, je recherche des inédits... de mes artistes préférés. Et finalement, les Beatles sont le groupe dont j'ai le plus de disques! Je me suis racheté Help, Rubber Soul, Revolver, les compils rouge et bleue, voilà. Et au jeu de "si vous emmeniez 20 disques sur une ile déserte", ils en feraient partie. Vous savez, on me dit "c'est génial, tu as vécu les sixties". Mais je crois que c'était génial... tout simplement parce que j'avais 20 ans.

Lucy : Et pour finir, connaissez vous Lucyintheweb?
P. Paringaux : Oui. Je surfe régulièrement sur internet, j'y trouve des trésors d'informations et depuis que j'ai eu des contacts avec les webmasters de Lucy, j'ai visité ce site que je trouve très sympa et complet. Ca me fait un peu revivre le truc. Et on se sent... moins seul, on s'aperçoit que nous sommes nombreux à aimer cette musique. C'est une nouvelle manière de communiquer avec les gens!


Interview exclusive de Philippe Paringaux - partie 1

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